2. L'apport des éditions

L'identité et la filiation des différentes éditions du GDFL ayant été établies dans le premier chapitre, nous tournons maintenant au texte du dictionnaire pour y examiner en détail, par rapport aux annonces des pièces liminaires [1], l'apport de chaque édition.

2.1. Stoer

2.1.1. Stoer 1593

Il y aurait en tout deux alinéas nouveaux d'ajoutés au texte de 1573 et une augmentation de deux autres : emploi métaphorique s.v. Enchevestrer, addition à la nomenclature de galbe « Pourpoinct » et marquisat (plus long commentaire étymologique), discussion d'équivalents/étymons grecs, turcs et « Orientaux » s.v. Trucheman [2].

2.1.2. Stoer 1599

2.1.2.1. Archaïsmes

Il y a, dans tout le texte du dictionnaire de 1599, 138 occurrences de la croix renversée [3]. Certains des mots ainsi marqués sont qualifiés par Stoer de vieux :

Pour d'autres, Stoer propose des synonymes de remplacement :

Les synonymes plus usuels peuvent avoir été déjà donnés par Nicot-Dupuys 1573 :

Nicot-Dupuys 1573 a pu trouver le mot marqué dans un vieux texte :

Le statut archaïque d'un mot est très souvent indiqué par la seule croix renversée : adenerer, guever, tempremeure, etc. Dans trois cas, l'addition d'une définition non marquée donne au mot une apparence synchronique :

Une autre marque – non signalée dans la préface – qui indiquerait aussi des archaïsmes est l'astérisque ; il y en a 17 dans Stoer 1599, tous vers le début du dictionnaire (14 sous la lettre A, trois sous C) [6]. Par exemple :

Stoer 1603 ajoute au texte 18 croix renversées, Stoer 1606 encore sept autres. L'addition éventuelle, par Stoer 1606 surtout, de la prononciation du mot donne à celui-ci, comme dans le cas d'une définition non marquée (voir ci-dessus), une apparence partiellement synchronique : ribauld (la croix renversée et la prononciation sont de 1606), accort (la croix renversée est de 1599, la prononciation de 1606).

Les items qualifiés par Stoer 1599 d'archaïsmes ne sont pas tous signalés par un signe liminaire. Par exemple :

2.1.2.2. Ajouts français

Une croix se trouve préfacer 180 items dans Stoer 1599 (plus encore deux autres dans Stoer 1603 et 13 dans Stoer 1606). La nature d'un ajout est souvent différente de ce que Stoer donne à entendre dans la préface ; outre un mot (avec sa signification) :

nous trouvons une acception seule :

ou une définition seule :

un exemple d'emploi :

une locution proverbiale :

un ou plusieurs synonymes :

voire un item bilingue donné en fonction du latin (le mot-adresse manque à la séquence française) :

L'addition au dictionnaire d'éléments concernant le français – mots, acceptions, définitions, exemples, remarques d'usage, prononciations, étymologies, etc. – dépasse en fait de beaucoup le nombre de signes marqueurs (croix, croix renversées ou astérisques) : près de 700 alinéas ou compléments d'alinéas sont ajoutés sans signalement ; la grande majorité de ces ajouts concerne au premier chef le français. La typologie en est faite plus loin [7].

2.1.2.3. Ajouts latins

Presque 600 alinéas sont préfacés dans Stoer 1599 d'un trait double. Dans la très grande majorité des cas, un ou plusieurs équivalents latins viennent effectivement compléter un item qui n'en avait pas ; le latin s'ajoute, dans un petit nombre de cas, à une équivalence latine héritée de Nicot-Dupuys 1573. Pour une vingtaine d'occurrences du trait double, enfin, aucun équivalent latin n'est ajouté ; il s'agit plutôt, pour certaines de ces dernières occurrences, de l'ajout d'une définition ou d'un synonyme, par exemple :

Ni Stoer 1603, ni Stoer 1606 n'ajoute d'autres traits doubles ; les deux, ainsi que Stoer 1599, mettent beaucoup d'équivalents latins sans les marquer.

2.1.2.4. Latinismes

Il s'agit de signifiants et non de signifiés. Stoer propose de remplacer nombre de latinismes par des mots de bonne souche française ; par exemple :

Le travail d'épuration se poursuit en 1603 et 1606 [8].

2.1.2.5. Noms de lieu

Cet appendice, intitulé « LES NOMS DES PEVPLES, REGIONS, VILLES, MERS, MONTAIGNES, Riuieres, & autres lieux disposez par ordre Alphabetique auec leur interpretation en Latin », occupe quinze pages. Stoer distingue ainsi entre le dictionnaire de mots et le dictionnaire de choses en regroupant à part les noms propres qui étaient dans le corps du dictionnaire de Dupuys-Nicot. La séparation n'est pas totale, cependant, quelques noms se trouvant dans les deux nomenclatures : Aca et Acarnanie, par exemple, quoique l'article du second, comme bien d'autres, soit remanié dans l'appendice.

2.1.3. Stoer 1603

2.1.3.1. Ajouts français

Stoer 1603 offre à peu près la même variété de types d'ajouts que Stoer 1599, mais les additions sont plus de deux fois moins nombreuses que dans l'édition précédente [9].

2.1.3.2. Ajouts latins

Stoer poursuit la tâche de fournir des équivalents latins pour les items de Dupuys-Nicot 1573 qui en manquaient, ou même d'en ajouter à des alinéas qui en avaient déjà.

2.1.3.3. Essai de proverbes

Ce recueil anonyme de 30 pages est préfacé vraisemblablement par Stoer – l'auteur probable – qui prie le lecteur d' « Accepte[r] ce petit essay ou eschantillon de Prouerbes françois [...] qui vous fera voir beaucoup de richesses de nostre langue Françoise, abondante en courtes sentences morales, & neantmoins communes entre le menu peuple, de la bouche duquel tout ce qui sensuit est recueilli ». Les proverbes sont accompagnés d'une explication morale [10] ; le premier servira d'exemple :

2.1.4. Stoer 1606

2.1.4.1. Ajouts

En effet, les ajouts sont relativement nombreux : presque autant que dans Stoer 1599 [11].

2.1.4.2. Essai de proverbes

Le nombre de pages en est porté de 30 à 46. Dans l'avis au lecteur, Stoer dit que « Ceste deuxiesme edition d'Essay de Prouerbes est augmentée de beaucoup » – ainsi, à l'article ABAYER [12] sont joints les dictons Laissez le abayer, en fin il se taira, Ne iettez pierre à chien qui abaye, Abayer & blesser sont deux, Chien qui abbaye ne mord pas, L'Aboy du mesdisant, à lui seul est nuisant mais que « Nous auons expressément obmis les prouerbes peu honnestes & qui doyuent estre enseuelis en perpetuelle oubliance » : Stoer, puriste à l'égard de la langue [13], l'est aussi envers les concepts.

2.1.5. L'apport de Stoer : 1593-1599-1603-1606

2.1.5.1. Mesure quantitative [14]

2.1.5.2. Types d'informations

Les types les plus fréquents sont : synonymes (plus de 600), prononciations (près de 600), définitions (plus de 200), exemples (près de 200), variantes et remarques d'usage (plus de 100 chacune).

2.1.5.2.1. Nomenclature, domaines lexicaux

Sous la lettre B, sont ajoutées les adresses et sous-adresses suivantes :

Stoer, vraisemblablement compilateur d'un lexique de termes juridiques [17], ajoute, presque exclusivement dans l'édition de 1606 [18], plusieurs dizaines de vocables et d'expressions relevant du droit :

Le genevois Stoer s'intéresse aussi à la religion :

Mentionnons aussi le traitement des termes de mesure lieuë (1606), livre, philippe daller, pistolet, sextier, tournois (tous 1599) [20] et l'addition par S 1606, malgré l'existence depuis S 1599 d'un appendice de noms propres [21], de 35 noms de golfes (s.v. Golfe) et de 38 noms de lacs (s.v. Lac).

2.1.5.2.2. Variantes

Sous la lettre S, sont ajoutées les variantes suivantes :

Sous B :

Une variante peut être donnée comme offrant un choix :

ou – implicitement ou explicitement – comme étant la forme qui doit être préférée à la forme-adresse :

2.1.5.2.3. Prononciation et orthographe

Stoer s'occupe progressivement de plus en plus de la prononciation des mots : S 1603 donne plus de deux fois plus de prononciations que S 1599, S 1606 presque trois fois plus que S 1603.

L'information est largement codifiée. D'une part, la copule prononcez est très souvent abrégée et, en même temps, il y a alternance typographique romain/italique :

Dans S 1606, il y a un effort de donner une valeur absolue au type de caractère : sur les 445 occurrences des formes abrégées p./pr./pro./pron./pronon., la copule est imprimée en italique et la transcription phonétique en romain 354 fois. Ce travail de révision comprend donc des cas d'inversion de l'alternance de S 1603 :

D'autre part, Stoer peut, dans le premier article d'une série dont les adresses partagent un même trait, énoncer une règle globale :

Certaines de ces remarques dépassent le cadre des cas particuliers pour s'appliquer au système de la langue (voir APPAISER ci-dessus) :

Stoer consacre plusieurs commentaires à l'euphonie de la langue :

Stoer porte son attention sur les lettres et sons individuels, la syllabe, les oppositions de genre et de nombre, la prononciation dans le temps, l'espace et la fréquence d'usage, et la motivation :

La copule « prononcez » a parfois un tout autre sens, signifiant alors « dites » et introduisant un ou plusieurs synonymes de remplacement :

Du fait que, dans le dictionnaire imprimé, les mots sont signifiés par leur forme graphique (donc non marquée), l'information sur l'orthographe n'a pas besoin, la plupart du temps, d'une copule explicite. Plusieurs cas de figure s'offrent au lexicographe (nous reprenons ici, sous une forme plus analytique, la section précédente consacrée aux variantes) :

Comme c'est le cas de plusieurs exemples cités ci-dessus à propos de la prononciation, les formes orale et écrite peuvent aller de pair :

2.1.5.2.4. Ordonnateurs sémantiques

Stoer utilise un certain nombre d'ordonnateurs sémantiques :

2.1.5.2.5. Définitions, dénominations, équivalents

Pour définir le sens de mots pour lesquels Nicot-Dupuys 1573 n'avait par fourni de paraphrase définitoire, Stoer, dont la plupart des définitions ajoutées remontent à 1599, emploie différents procédés standards :

La dénomination (Sé -> Sa), démarche inverse de la définition (Sa -> Sé) et caractéristique du dictionnaire analogique, est bien représentée chez Stoer :

Plusieurs articles font état des espèces d'un genre :

Dans ce Grand Dictionaire françois-latin, le latin est une langue de traduction non marquée, sauf exception ; il est marqué lorsqu'il est qualifié de moderne : « qui tient l'estrief, que les modernes Latins nomment Stapho » S 1603 s.v. Estafier. Stoer donne aussi un certain nombre d'équivalents dans des langues autres que le latin. Comme il se plaît à discourir d'étymologie et de cognates, tantôt antérieurs au français, tantôt contemporains du mot-adresse, ces équivalents sont explicatifs plus qu'ils ne sont traductifs :

2.1.5.2.6. Synonymes et antonymes

Une grande partie du travail de révision effectué par Stoer est consacrée à la mise à jour du lexique. Puisque, comme chez tous les réviseurs du Dictionaire françois-latin et du GDFL, la nomenclature de l'édition précédente est gardée plus ou moins en entier, ce renouvellement, qui touche plusieurs centaines de mots – et nous ne parlons pas ici de l'augmentation de la nomenclature –, se fait essentiellement par l'adjonction de synonymes aux mots-adresses. Dans certains cas, il s'agirait bien de synonymie synchronique ; pour un très grand nombre d'occurrences pourtant, le mot-adresse est considéré comme vieilli ou vieux et les mots adjoints constituent des synonymes de remplacement [30]. En l'absence d'un commentaire de la part du lexicographe – usez de, croix renversée, etc. –, il est souvent difficile de classer les cas particuliers. Plusieurs exemples de mise en synonymie ayant déjà été donnés [31], nous offrons ci-dessous une sélection d'items dans lesquels Stoer marque une restriction d'usage concernant le volume d'usagers, le registre, le temps ou le champ d'application.

L'antonymie est très peu traitée par Stoer. Les exemples suivants sont les seuls que nous avons trouvés. D'une part, il y a les vrais antonymes d'opposites :

D'autre part, les antonymes de différence :

2.1.5.2.7. Syntagmes

Les syntagmes – sous-adresses, tours de construction et exemples –, ajoutés en majeure partie par S 1599, concernent normalement le mot (syntagmes lexicalisés ou semi-lexicalisés), mais peuvent exceptionnellement illustrer la chose (exemples encyclopédiques) :

a) syntagmes (semi-)lexicalisés (dont syntagmes figés, proverbes et locutions) :

b) exemples encyclopédiques :

2.1.5.2.8. Remarques d'usage

Stoer fait plus d'une centaine de remarques au sujet de l'usage des mots. Elles concernent le niveau de langue ou niveau social (poétique, familier, commun, vulgaire), le domaine d'application, la distribution sociale (sexe) ou géographique, l'utilisation dans le temps, la fréquence, l'idiomaticité, la connotation et la situation d'emploi.

1. Mots poétiques :

2. Usage commun, familier, vulgaire :

3. Marque d'usage populaire doublée d'un commentaire sur la distribution géographique :

4. Sexe du locuteur :

5. Régionalismes/dialectalismes [37] :

6. Domaine :

a) religion :

b) profane :

c) scholastique :

d) physique, astrologie :

7. Utilisation dans le temps :

a) présent :

b) passé :

c) passé opposé au présent :

8. Fréquence :

9. Idiomaticité :

10. Connotation ou situation d'emploi :

2.1.5.2.9. Étymologies

Nous avons trouvé plus de soixante discussions étymologiques, dont la plupart sont le fait de S 1599 ou S 1606. Les langues sources comprennent :

L'étymologie peut concerner :

La plupart des étymologies offertes par l'édition de Stoer sont empruntées. La clé du statut d'emprunt est donnée le plus souvent par des connecteurs tels que « aucuns disent que », « on estime que », etc. Par exemple :

Lorsque le commentaire de Stoer vient s'ajouter à une discussion héritée du Dictionaire françois-latin, le désaccord des hypothèses étymologiques peut être plus prononcé :

2.1.5.3. Sources

2.1.5.3.1. Typologie

S 1593, dont les quatre ajouts concernent des termes historiques, cite Nicétas à propos du mot grec , Pausanias sur le celtique marcisia, Sabinus au sujet de marchiae et Suétone sur le mot galba.

S 1599 s'intéresse tout particulièrement aux auteurs latins classiques, faisant appel à Cicéron, Horace, Ovide, Plaute, Sénèque, Térence, Tite-Live et Virgile, pour des items latins dont la traduction française constitue l'entrée ; ex. : « Qui s'entend bien à cognoistre ce qui est beau & ce qui ne l'est pas : Elegans formarum spectator. Terent. » s.v. Beau. La séquence phraséologique latine peut aussi précéder le français : « Farci de morceaux, Frustulentus Si aqua frustulenta est, da obsecro : hercle absorbeam : Si la soupe est grasse & bien garnie, donne m'en : ie la humerai. Plaut. » s.v. Morceau = 1) séquence-exemple français, 2) équivalent-dénomination latin, 3) exemple signé du mot latin, 4) traduction française de l'exemple latin. Les auteurs latins sont aussi sources d'informations encyclopédiques :

Stoer a recours aux modernes, soit comme témoins d'informations historiques – Du Haillan sur le roi des ribauds (s.v. Ribauld), Vigenere sur les machines de guerre (s.v. Bricoles) –, soit comme modèles d'usages linguistiques :

S 1603 ne cite qu'une source, Joinville, en tant qu'individu porteur du titre de « Sire » au sens de « seigneur » (s.v. Sire).

Les sources nommées de S 1606 sont plus résolument historiques. Tout comme le Thresor de la langue françoyse, tant ancienne que moderne de Nicot, paru la même année, cette édition s'intéresse aux origines du français. L'ancien français angarier (lat. angariare) est attesté chez S. Matthieu, arramir/adrhamir et ban chez Charlemagne ; les formes latines balationes (s.v. Bal), cogciones (s.v. Coquin), muffulae (s.v. Moufles), et pagenses (s.v. Paisan) chez Charlemagne toujours, bannus (s.v. Ban) chez Grégoire de Tours. Pasquier est cité pour l'étymologie de tintamarre. Dans un long commentaire étymologique sur pape, sont proposés comme autorités Arianus et Hérodote sur l'usage du grec sicilien , SS. Cyprien, Ambroise, Jérôme et Augustin sur celui du latin papa, Codinus l'emploi du grec . De nouveau Du Haillan est rapporteur d'une information encyclopédique – les fonctions du Grand Queux de France (s.v. Queux) –, Du Bartas atteste une coutume perse (s.v. Royne). Ce dernier autorise également l'usage en synchronie de sepulchral et de serener la tempeste (s.v. Serener).

La principale source des ajouts de S 1606 n'est pas une seule fois désignée pourtant. Il s'agit de François Ragueau, à qui l'on doit un Indice des droicts roiaux et seigneuriaux (1e éd., 1583 ; 2e éd., 1600 [48]), qui devint par la suite le Glossaire du droit françois. La confrontation du texte de Stoer avec l'édition Laurière du Glossaire [49] révèle que Stoer aurait emprunté à Ragueau un nombre assez considérable d'items et de commentaires, soit en les recopiant textuellement, soit en les remaniant ou résumant. Qu'on en juge :

Bon nombre de sources à fonction encyclopédique mentionnées par S 1606 le sont donc par l'intermédiaire non avoué de Ragueau [50].

Stoer fait plusieurs fois des synthèses qui lui font nommer des sources génériques :

2.1.5.3.2. Bibliographie [52]

Nombre d'auteurs/textes : 70
Nombre de mentions total : 124

1. /ambroise/ (S 1606 : 1)
« S. Ambroise » ; = IVe s. ; BN : AMBROISE (Saint)

2. /amiot/ (S 1599 : 2)
« Amiot en Plutarque » (1) ; = humaniste français, XVIe s. ; BN : PLUTARQUE : Opuscula Plutarchi ; trad. en fr. : Les OEuvres morales et meslées de Plutarque, translatées du grec en françois, par Messire Jacques Amyot, 1572 + 1574, 1575, 1579, 1587, etc.

3. /arianus/ (S 1606 : 1)
BN : ARIANUS (Candidus) : De generatione divina, 1540

4. /augustin/ (S 1606 : 1)
« S. Augustin » ; = IVe-Ve s. ; BN : AUGUSTIN (Saint)

5. /bartas/ (S 1599 : 1 ; S 1606 : 3)
« Du Bartas au 7, liu. de sa seconde semaine » (S 1606 : 1) ; = poète français, XVIe s. ; BN : DU BARTAS (Guillaume de Saluste, seigneur) : La Sepmaine, ou Creation du monde, 1578 + 1582, 1584, 1589, 1593, etc.

6. /cesar/caesar/ (S 1606 : 2 (dont 1 = Ragueau))
« commencement du 7. liu. des Commentaires de Caesar de la guerre des Gaules » (1) ; = Ier s. av. J.-C. ; BN : CÉSAR (Caius Julius Caesar) : De bello gallico

7. /charlemagne/caroli/ (S 1606 : 7 (dont 1 = Ragueau))
« Capitulaires », « ordonnances » ; = VIIIe-IXe s. ; BM : GERMANY, Charles I, Emperor : Praecipuae Constitutiones Caroli Magni [...] a Lothario Nepote [...] collectae, 1545 ; LOMBARDS : Leges Longobardorum seu capitulare diui ac sacratissimi Caroli magni imperatoris, 1512 + 1537

8. /ciceron/cic/ (S 1599 : 10 ; S 1606=Ragueau : 1)
« en sa 2. Philipp. » (S 1606) ; = Ier s. av. J.-C. ; BN : CICÉRON (Marcus Tullius Cicero) : Philippicae orationes in M. Antonium

9. /col/ (S 1599 : 1)
= agronome latin, Ier s. ; BN : COLUMELLE (Lucius Junius Moderatus)

10. /curopalates/ (S 1606 : 1)
« Curopalates [...] Catalogue des charges ou offices de l'Empire, & de la grande Eglise de Constantinople » ; = CODIN ou CODINUS (Georges), curopalate ou maître du palais à la cour des derniers empereurs de Constantinople, XVe s. ; BN : CODINUS (Georgius) : Sapientissime curopalatae (Georgii Codini), de officialibus palatii Constantinopolitani et officiis magnae ecclesiae libellus, graece et latine, 1588, 1596

11. /cyprian/ (S 1606 : 1)
« S. Cyprian » ; = évêque, IIIe s. ; BN : CYPRIEN (Saint), de Carthage

12. /gregorius/ (S 1606 : 1)
« Gregorius Turonens. » ; = historien, VIe s. ; BN : GRÉGOIRE de TOURS

13. /haillan/ (S 1599 : 1 ; S 1606 : 1)
« Du Haillan au 4. liure de l'estat des afaires de France », « du Haillan en son discours des Estats de France » ; = historien, XVe-XVIe s. ; BN : DU HAILLAN (Bernard de Girard, seigneur) : De l'estat et succez des affaires de France [...] depuis Pharamond, premier roy des Francs, Francons ou Françoys, jusques au roy Loys unziesme, 1570 + 1571, 1572, 1573 ; De l'Estat et succez des affaires de France, oeuvre despuis plusieurs precedentes editions augmenté de plusieurs belles recherches, contenant sommairement l'histoire des roys de France, 1594 + 1595

14. /herodote/ (S 1606 : 2 (dont 1 = Ragueau))
= historien grec, Ve s. av. J.-C. ; BN : HÉRODOTE d'HALICARNASSE

15. /hesychius/ (S 1606 : 1)
prob. BN : HÉSYCHIUS d'ALEXANDRIE = grammairien et lexicographe grec, prob. IVe s.

16. /horat/ (S 1599 : 2)
= poète latin, Ier s. av. J.-C. ; BN : HORACE (Quintus Horatius Flaccus)

17. /jerosme/ (S 1606 : 1)
« S. Jerosme » ; = docteur de l'Église latine, IVe-Ve s. ; BN : JÉRÔME (Saint)

18. /joinville/ (S 1603 : 1)
« la gentile Chronique de Iean, Sire de Ioinville » ; = XIIIe s. ; BN : JOINVILLE (Jean, sire de) : L'Histoire et chronique du tres-chrestien roy S. Loys IX, 1547 + 1595, 1596

19. /josephe/ (S 1606 : 1)
« liures de Iosephe » ; BN : HERBERAY (Nicolas de), sieur des Essars : Les Sept livres de Flavius Josephus de la guerre et captivité des Juifs traduicts de grec et mis en françoys, 1553

20. /liu/ (S 1599 : 2)
= historien latin, Ier s. av./apr. J.-C. ; BN : TITE LIVE

21. /matthieu/ (S 1606 : 1)
« S. Matthieu »

22. /montagne/ (S 1599 : 1)
= écrivain français, XVIe s. ; BN : MONTAIGNE (Michel Eyquem de)

23. /nicetas/ (S 1593 : 1)
« Nicetas historien Grec » ; = historien grec, XIIe-XIIIe s. ; BN : NICÉTAS ACOMINATUS ou CHONIATAS

24. /ouid/ (S 1599 : 1)
= poète latin, Ier s. av./apr. J.-C. ; BN : OVIDE (Publius Ovidius Naso)

25. /pasquier/ (S 1606 : 2 (dont 1 = Ragueau))
« Pasquier [...] recerches de France » ; = poète, jurisconsulte et magistrat français, XVIe-XVIIe s. ; BN : PASQUIER (Etienne) : Les Recherches de la france, à partir de 1560

26. /pausanias/ (S 1593 : 1)
= historien et géographe, IIe s. ; BN : PAUSANIAS

27. /plaute/plaut/ (S 1599 : 3)
« Plaute [...] en son Asinaire » (1) ; = poète comique latin, IIIe-IIe s. av. J.-C. ; BN : PLAUTE (Titus Maccius Plautus)

28. /plin/ (S 1599 : 3)
= Pline l'Ancien, naturaliste et polygraphe romain, Ier s. ; BN : PLINE l'Ancien

29. /sabin/ (S 1593 : 1)
« Sabin. lib. de appellatione, situ, moribus ac populis Marchiae Brandeburgensis. » ; = littérateur et historien allemand, XVIe s. ; BN : SABINUS (Georg Schuler, dit Georgius) : voir REINECCIUS ; REINECCIUS (Reinhard Reynete connu sous le nom de Reinerius) : Origines illustriss. stirpis Brandeburgicae [...] e germanica lingua in latinam conversae. Item commentarius de marchionum et electorum Brandeburg. [...] Accessit in fine historia de vita Hugonis et Theodorici, 1581

30. /seneque/senec/ (S 1599 : 1 ; S 1606=Ragueau : 1)
« 3. liu. de Ira, en Seneque » (S 1606) ; = philosophe latin, Ier s. ; BN : SÉNÈQUE (Lucius Annaeus Seneca) : De Ira

31. /suetonio/ (S 1593 : 1)
« Suetonio in Galba cap. 2. » ; = historien latin, Ier-IIe s. ; BN : SUÉTONE (Caius Suetonius Tranquillus) : De XII Caesaribus

32. /terent/ter/teren/ (S 1599 : 5)
= poète comique latin, IIe s. av. J.-C. ; BN : TÉRENCE (Publius Terentius Afer)

33. /titinnius/ (S 1606 : 1)
« en l'ancien Comique Titinnius » ; BM : TITINIUS : Fragmenta in ESTIENNE (R.) : Fragmenta Poetarum veterum Latinorum, 1564

34. /vigenere/ (S 1599 : 2)
« Vigenere en ses Commentaires sur Caesar » (1) ; = littérateur français, XVIe s. ; BN : VIGENERE (Blaise de) : trad. et comment. César, Les Commentaires [...] des guerres de la Gaule, 1584

35. /virg/ (S 1599 : 2)
= poète latin, Ier s. av. J.-C. ; BN : VIRGILE (Publius Virgilius Maro)

Sources citées par S 1606 tirées de Ragueau

36. /aimoin/aimonius/ (4)
« es Chron. du temps de l'Empereur Martian, en l'addition à l'hist. d'Aimonius, liu. 5. cha. 34. » (s.v. Purger) ; = Xe s. ; BM : AIMOINUS, Monachus Floriacensis : Historiae Francorum lib. V [...] multo emendatories, 1567

37. /arrest/edit/edictum/ (3)
« arrest de parlement, l'an 1279. & 1364. », « En l'ancien stile du Parlement de Paris [...] en l'edit du roy Philippe le Bel l'an 1302 », « edictum Regis Philippi Pulchri, anno 1302 » ; NU : FRANCE, Parlement (Paris) : Les olim ou registres des arrêts rendus par la Cour du roi, sous les règnes de Saint Louis, de Philippe le Hardi [...]

38. /athenee/ (1)
« Athenee au 1. [liu.] » ; = rhéteur et grammairien grec, IIe-IIIe s. ; BN : ATHÉNÉE, de Naucrate

39. /burchard/burchardo/ (2)
« in decret. ex Burchardo » ; = jurisconsulte et canoniste allemand, Xe-XIe s., évêque de Worms ; BN : BURCHARD de WORMS : D. Burchardi [...] Decretorum libri XX., 1548, 1549, 1550

40. /chronique/ (1)
« au ch. 94. de l'ancienne Chronique de Flandres » ; BM : FLANDERS : Cronique de Flandres anciennement composée par auteur incertain, et nouvellement mise en lumiere par D. Sauvage, 1562

41. /cod/ (1)
« Cod. de Compensat. » ; BN : JUSTINIEN Ier, empereur : Corpus juris civilis (Codex, Pandectes [...])

42. /coustume/coustumes/coustumiers/ (4)
« coustume d'Auuergne », « coustume de Chaalons », « coustumes de France », « diuers coustumiers » [+ cf. ci-dessus section sur remarques d'usage régional] ; = les différentes coutumes de France furent publiées début XVIe s.

43. /cujas/ (1)
« Cuias en son Commentaire de Feudis » ; = jurisconsulte fr., XVIe s. ; BN : CUJAS (Jacques) : Opera Jacobi Cujacii [...] [t. 4 :] De feudis libri quinque et in eos commentarii, 1577

44. /curtio/ (1)
« Q. Curtio » ; = historien latin, Ier s. ; BN : QUINTE-CURCE

45. /ferronus/ (1)
« Arnoldus Ferronus ad art. 3. tit. 12. consuetud. Burdigal. » ; = conseiller au Parlement de Bordeaux, historien, XVIe s. ; BN : LE FERRON (Arnoul) : Arnoldi Ferroni [...] In consuetudines Burdigalensium libri II [...] secunda hac editione aucti et locupletati, 1540 + 1565, 1585

46. /gratian/ (1)
« Gratian. Can. Mennam. C. Omnib. C. Consuluisti. 2. quaest. 5. » ; = (BM :) GRATIANUS, the Canonist ; (LarXIX) : canoniste italien, fin XIe - c. 1150 ; BN : GRATIEN : Decretum Gratiani, seu verius Decretorum canonicorum collectanea, 1471 etc., 1500 etc., 1550 etc.

47. /gregor/ (1)
« Niceph. Gregor. lib. 6. cap. 1. » ; = historien byzantin, XIVe s. ; BN : GRÉGORAS (Nicéphore)

48. /hotoman/ (1)
« F. Hotoman au 44. ch. de sa dispute de Iure Feudali » ; = jurisconsulte fr., XVIe s. ; à Genève 1570-9, 1584-9 ; BN : HOTMAN (François) : Franc. Hotomani [...] de feudis commentatio tripertita : disputatio de iure feudali, 1573 + 1576, 1586

49. /isidore/ (S 1606 : 1)
= prob. BN : ISIDORE de SÉVILLE (Saint) = théologien, chroniqueur, érudit espagnol, VIe-VIIe s.

50. /ius/ (1)
« Ius canonicum » ; BM : ROME, Church of, Corpus Juris Canonici : Corpus Iuris Canonici emendatum et notis illustratum, 1591

51. /ivo/ (1)
« Ivo Carnotensis episcopus epist. 78. 91. » ; = prélat français, XIe-XIIe s. ; BM : IVO, Saint, Bishop of Chartres : Ivonis episcopi carnotensis epistolae, 1584

52. /laert/ (1)
= philosophe et historien grec, IIe-IIIe s. ; BM : DIOGENES, Laertius

53. /lampridius/ (1)
= historien latin, IVe s. ; BN : LAMPRIDIUS (AElius)

54. /lege/ (1)
« lege Angl. & Thuringorum tit. 15. » ; = c. VIIIe s. ; NU : Lex Angliorum et Werinorum, hoc est Thuringorum

55. /lege/legis/ (2)
« ex lib. 3. legis Francicae, cap. 47. », « lege Francica, lib. 4. cap. 57. » ; = Ve s. ; cf. BALON (Joseph), Traité de droit salique, 1965, t. I, p. 9 : Loi salique = loi des Francs saliens ; autre titre = Leges Francorum Salicae

56. /lege/ (1)
« Lege Ripuaria tit. 31. 32. 33. » ; = loi des Francs ripuaires premièrement rédigée déb. VIe s. ; BM : RIPUARII : Leges Riboariorum Baioariorumque, 1530 ; Lex ripuariorum – voir ECKHARDT, Leges Francorum Salicae et Ripuariorum, 1720

57. /louys/ (1)
« Es ordonnances Latines du roy Louys IX. » ; = les Ordonnances des rois de France furent éditées plusieurs fois au XVIe s.

58. /lud/ (1)
« Hist. Lud. Pij, lib. 5. cap. 13. » ; = histoire de Louis le Pieux

59. /marcellin/marcellinus/ (3)
« Ammian Marcellin », « Ammianus Marcellinus » ; = historien latin, IVe s. ; BN : AMMIEN MARCELLIN

60. /pline/ (1)
« Pline second [...] au 2. liu. de ses epistres » ; = Pline le Jeune, écrivain latin, Ier-IIe s. ; BN : PLINE le Jeune

61. /polydore/ (1)
« Polydore Virgil. au 8. liu. de son hist. d'Angleterre » ; = érudit italien, XVe-XVIe s. ; BM : VERGILIUS, Polydorus : Anglica historia

62. /quintil/ (1)
« Quintil. declamat. 341. » ; = rhéteur romain, Ier s. ; BN : QUINTILIEN (Marcus Fabius Quintilianus) : Declamationes

63. /rheginon/ (1)
= IXe-Xe s. ; BN : RHEGINO : voir RÉGINON ; RÉGINON, abbé de Prüm

64. /rhenanus/ (S 1606 : 1)
« Rhenanus docte Aleman » ; = philologue alsacien, XVe-XVIe s. ; BN : RHENANUS (Beatus Bild von Rheinau)

65. /rom/romae/ (3)
« in statutis Rom. », « in statutis vrbis Romae » ; BM : ROME, Statutes of the City : Statuta et novae reformationes urbis Romae, 1523 ; Statutorum almae urbis Romae, 1567 + 1580, 1590

66. /sicile/siciliae/ (4)
« lib. 3. Constit. Siciliae, tit. 26. », « Fridericus II. Imperator, rex Siciliae, lib. 2. tit. 32. », « Ordonnances de Frederic 2. roy de Sicile » (2) ; BM : NAPLES, Laws : Constitutiones Regni Siciliae, 1533 + 1552, 1580, 1590

67. /sigonius/ (1)
« Sigonius au 5. & 7. liu. de regno Italiae » ; = archéologue italien, XVIe s. ; BN : SIGONIO (Carlo) : Caroli Sigonii Historiarum de regno Italiae libri quindecim, 1574 + 1575, 1580, 1591

68. /symmachus/ (1)
« Symmachus au I. liu. epist. 37. » ; = orateur et homme d'état romain, IVe-Ve s. ; BN : SYMMAQUE (Quintus Aurelius Symmachus) : Epistolarum ad diversos libri decem, 1580, 1587, 1598, 1601, 1604

69. /tillet/ (1)
« du Tillet au 2. liu. de ses memoires » ; = historien français, XVIe s. ; BN : DU TILLET (Jean), sieur de la Bussière : Les Mémoires et recherches de Jean Du Tillet, 1578

70. /vegece/ (1)
« Vegece au 2. liu. De Militia Rom. » ; = latin, IVe s. ; BN : VÉGÈCE (Flavius Vegetius Renatus) : De re militari

2.1.5.4. Typologie de l'oeuvre et du lexicographe

2.1.5.4.1. Le lexicographe comme rapporteur

La lexicographie a toujours reconnu pour certains domaines linguistiques la possibilité de l'existence d'un choix. Au niveau du système de la langue, le dictionnaire indiquera pour certains lexèmes des variantes de graphie ou de prononciation, pour certains signifiés des variantes d'expression ; en parlant de l'histoire de la langue, il pourra être amené à indiquer, au moins implicitement, l'existence de plusieurs hypothèses concernant l'étymologie d'un mot (« X vient peut-être de Y »). Comme l'ont montré les sections précédentes, Stoer prête son attention aux variantes graphiques, aux synonymes et – trait révélateur de l'état des connaissances de son temps – aux hypothèses étymologiques. Dans ce dernier cas, l'emploi des formules « aucuns estiment que [...] les autres [...] », etc. [53], paraît tout à fait normal. Il y a pourtant d'autres contextes – ils concernent le sens d'un mot – où le choix offert par Stoer trahit plutôt une certaine incompétence de la part du lexicographe :

Dans l'histoire du Dictionaire françois-latin, il y a ce qu'on peut considérer comme les auteurs de première main – Robert Estienne, Jean Thierry et Jean Nicot [55] – et les éditeurs plus en retrait, ou 'gérants de boutique', dont Jacques Dupuys et Jacob Stoer [56]. Le rôle de rapporteur des dires d'autrui se double, dans l'édition de 1606 avec ses longs extraits tirés de Ragueau [57], d'un souci de donner au lecteur le maximum d'informations raisonnable ; témoin quelques remarques métalexicographiques :

2.1.5.4.2. Le lexicographe comme critique

L'attitude objective que nous venons de noter contraste avec le ton critique qu'adopte parfois le lexicographe envers les ineptes, les ignorants et les infidèles. Le peuple vulgaire peut être taxé d'ineptie ou d'ignorance :

Les moeurs sont attaquées :

Cependant c'est surtout en matière de religion que Stoer exprime sa désapprobation, opposant ce qui est propre – « On n'vse proprement de ce mot, qu'en parlant en toute reuerence entre Chrestiens du sainct & incomprehensible mystere des trois personnes en l'essence diuine, asçauoir Pere, fils & S. Esprit, vn seul vray Dieu » S 1599 s.v. Trinité – à ce qui va à l'encontre du christianisme [58] :

Stoer personnel n'est pas toujours critique pourtant : « les practiciens sont gens actifs, peu contemplatifs, qui n'ont pas la langue liée, ni les deux pieds en vn soulier, qui cerchent tousiours nouuelle besongne & practique pour gaigner » S 1606 s.v. Praticien.

2.1.5.4.3. Le lexicographe comme organisateur de ses matériaux

Stoer a, du moins dans le domaine de la prononciation, une conscience assez développée de la structure du texte dictionnairique et de celle de la langue : formules codées, regroupements des unités de la macrostructure, observations sur les tendances générales du français [59]. Les synthèses sont fréquentes aussi dans les discussions étymologiques et les mentions de sources [60]. Ailleurs elles sont rares [61]. Les articles construits à la Nicot sont également rares : rappelons PERSONNIER (S 1606) [62] et citons TRAIN (S 1603) :

qui donne trois acceptions dans une structure récurrente : définition + exemple + équivalent latin de l'exemple. Une autre façon de construire l'article est de faire précéder un nombre d'alinéas-items d'un tour de présentation : « Le mot de Cens, Censif, Censiue, auec ses adioincts se dit diuersement en françois, comme » S 1606 s.v. Cens ; « Il a d'autres significations qui se voyent es manieres de parler suyuantes » S 1603 s.v. Entretenir. Le renvoi joue le même rôle : « Autre est le droit de Seigneuriage, dont sera parlé en la lettre S. » S 1606 s.v. Brassage.

On observe chez Stoer une explicitation embryonnaire, exprimée par l'alternance romain/italique, des niveaux du texte dictionnairique. L'outil est très imparfait puisqu'il doit servir en premier lieu, comme depuis Estienne, à distinguer le français (italique) du latin (romain). Nous avons déjà étudié l'alternance romain/italique pour différencier, dans la séquence sur la prononciation, la copule et l'information [63]. Notons aussi la séquence suivante, dans laquelle la copule charnière est imprimée en romain :

2.1.5.4.4. Le statut du latin en langue et en métalangue

Quoiqu'en général, dans l'édition de Stoer, la langue cible soit le français, le sujet de l'énoncé lexicographique – comme nous avons déjà pu le constater au sujet de l'utilisation que fait S 1599 de ses sources latines [64] ou à celui des syntagmes [65] – est parfois le latin. Ainsi, Stoer pourra commenter du latin :

a) le sens :

b) l'antonymie :

c) l'étymologie ou la motivation sémantique :

Certains items sont construits autour d'une dénomination latine :

Le latin, qui dans la plupart des syntagmes phraséologiques, ou exemples, est subordonné au français – presque tout syntagme illustratif français est suivi d'un ou de plusieurs équivalents latins –, doit être parfois considéré, dans S 1599, comme constituant la source, voire la cible d'un item. Ceci est frappant dans les cas où il s'agit d'une citation latine signée :

ou encore ceux auxquels il manque le mot-adresse français :

Stoer continue la tradition, héritée du Dictionaire françois-latin, qui consiste à penser l'énoncé lexicographique indifféremment en français ou en latin. Dans la séquence définitionnelle, nous trouvons, par exemple : « Genus vasis aquam continens ad ablutionem manuum, vel ad vinum diluendum » S 1599 s.v. Aiguiere, à côté de « sorte de sargette pour vestemens » S 1599 s.v. Droguet ; « certa terrae mensura » S 1606 s.v. Bonniere, mais également « s'entend de diuerses mesures de choses seiches & liquides » S 1606 s.v. Sextier. La métalangue de base est tantôt monolingue (français ou latin), tantôt bilingue :

2.1.5.4.5. Terminologie

Stoer utilise un certain nombre de termes linguistiques ou lexicographiques dont quelques-uns étaient courants de son temps, d'autres moins :

2.1.5.5. Correction et révision

Stoer parle deux fois explicitement de la correction de son dictionnaire : « I'ay mis peine de le rendre le plus correct qu'il m'a esté possible » (1593, préface) ; « Reueu, corrigé » (1606, titre). En dehors des items ajoutés, on observe de nombreuses modifications apportées au texte hérité de Jacques Dupuys, voire des changements faits d'une édition à l'autre de l'ouvrage de Stoer. Par exemple :

a) Vocabulaire (en mention ou en usage) : « Negligence & paresse d'accoustrer [...] » 1573 s.v. Accoustrer -> « Nonchalance [...] » 1599 ; « Aimer folement » 1573 s.v. Aimer -> « [...] ardemment » 1599 ; « à Nou, Natando, Natatu » 1573 s.v. Nou -> « Nouer, Nager, Natare » 1599 ; « Penser d'aucun, c'est prendre soing de luy » 1573 s.v. Penser -> « Penser à aucun [...] » 1599 ; « brasser vne alliance » 1573 s.v. Alliance -> « traiter [...] » 1603 ; « Pommes de Boncrestien, Poma panchresta » 1573 s.v. Boncrestien -> « Poires de Boncrestien, Pyra panchresta » 1603 ; « locution » 1573 s.v. Ca -> « maniere de parler » 1603 ; « terme coarcté à certaine maniere de compaignie » 1573 s.v. Compaignon -> « [...] restreint à [...] » 1603 ; « voyez Perturber » 1573 s.v. Pertroubler -> « Voyez Troubler » 1603 ; « l'obsidion d'une ville » 1573 s.v. Siege -> « l'assiegement [...] » 1603 ; « Vn cheual qui ha le corps & les iambes allegres » 1573 s.v. Taille -> « [...] gresles » 1603 ; « Affriolement » 1573 sub voce -> « Affriandement » 1606 ; « Banc d'argentier » 1573 s.v. Banc -> « Banc de changeur » 1606 ; « le Corpus Domini és eglises » 1573 s.v. Ciboire -> « l'hostie » 1606 ; « religieux » 1573 s.v. Conventuel -> « moines » 1606 ; « Aquilo » 1573 s.v. Faner -> « La Bise » 1606 ; « se potager & gouuerner » 1573 s.v. Hubir -> « venir à bout » 1606 ;

b) Forme : « Oiseliere, Aucupium, Aucupatio » 1573 s.v. Oiseliere -> « Oiselerie [...] » 1593 ; goulard, goularder 1573 sub voce -> gouillart, gouillarder 1599 [71] ; « Curation de playe » 1573 s.v. Curation -> « Cure [...] » 1603 ; « Delicateté » 1573 sub voce -> « Delicatesse » 1603 ; « Applanir » 1573 s.v. Esplanade -> « Esplaner » 1603 ; « Du Liarre » 1573 -> « Du Liarre [...] l'Hierre » 1603 -> « Du Liarre [...] Hierre » 1606 ; « Reaument » 1573 -> « Reaument [...] Pr. Realement » 1603 -> « Reaument [...] pron. Reellement » 1606 ; « Aruc, [sic] ou deuenir ari » 1573 s.v. Ari -> « Arir, ou deuenir ari » 1606 ; « Regardure » 1573 sub voce (deux occurrences) -> « Regard » 1606 ;

c) Graphie des mots sub voce : arcon 1573 -> archon 1593 ; doulx (x 20), doulce, doulcet, doulcelet, doulceastre, doulcereux (tous x 1), doulceur (x 10), doulcement (x 8) 1573 -> doux, douce, doucet, douceastre, doucereux, douceur, doucement 1593 [doulcelet supprimé] ; grammarien 1573 -> grammairien 1593 ; almandes 1573 -> almadies 1599 ; antimonium 1573 -> antimoine 1599 ; assaisinateur [sic] 1573 -> assassin 1599 ; assasinement [sic] 1573 -> assassinat 1599 ; cadaver 1573 -> cadavre 1599 ; « Eneuche » 1573 -> « Enuche, ou Eunuque » 1599 ; estropiat 1573 -> estropié 1599 ; cavailler 1573 -> cavallier 1603 ; desgaigner (x 3) 1573 -> desgainer 1603 ; fustiguer 1573 -> fustiger 1603 ; gonfanon («  de l'eglise ») 1573 -> gonfanonier 1603 ; palemaille 1573 -> palemail 1603 ; araignee/araignée (x 5) 1573 -> araigne 1606 ; cerche 1573 -> recerche 1606 s.v. Cerch... ; fraiz (« , Fraischement ») 1573 -> frais 1606 ; fraiz («  & despens ») (x 9) 1573 -> frais 1606 ; hirundelle 1573 -> hirondelle 1606 ;

d) Graphie des mots sub voce, changements progressifs : adresser/addresser : les cinq occurrences vont progressivement de adresser (1573 x 5) à addresser (1603 x 5) en passant par des étapes mixtes en 1593 et 1599 ; adresse/addresse : de même, adresse (1573 x 3) devient finalement addresse (1606 x 3) ; arain/airain : arain (1573 x 11) -> airain (1606 x 11) -> cf. « Arain [...] pron. Airain » (1599) ; besoing/besoin : besoing (1573 x 21, dont adresse), besoin (x 3) -> besoin (1606 x 24) -> cf. « Escriuez & prononcez, besoin sans g. » (1603) ; doleur/douleur : doleur (1573 x 36) -> douleur (1599 x 36) ; prain/preigne/praigne : « Prain [...] vne ourse prain » 1573 -> « Prain, ou Preigne [...] vne ourse prain » 1599 -> « Prain, ou Preigne [...] vne ourse praigne » 1603 ;

e) Graphie, cas divers : voirriere 1573 s.v. Vitre -> verriere 1599 ; soldart 1573 s.v. Ban -> souldart 1603 ; « Glazon Francis » 1573 s.v. Ouazon -> « Gazon [...] » 1603 ; « cerchez Souspeçon » 1573 s.v. Soubson -> soupçon 1606 ;

f) Lexicalisation : « du Bausme » 1573 -> « Bausme » 1603 ; « vne Anime » 1573 -> « Anime, f. » 1606 ; « vn Bac » 1573 -> « Bac » 1606 ; « vn Balay » 1573 -> « Balay » 1606 ; « vne Baleine » 1573 -> « Baleine » 1606 ; « vne Borne » 1573 -> « Borne, f. » 1606 ; « vne Cerise » 1573 -> « Cerise, f. » 1606 ; « des Coquerez » 1573 -> « Coqueret, m. » 1606 ; « Des coquerettes » 1573 -> « Coquerettes, f. » 1606 ; « Scier vne Gerbe de blé » 1573 -> « Gerbe de blé » 1606 ; « toute sorte d'Humeur » 1573 -> « Humeur » 1606 ;

g) Catégorie grammaticale : « Mentiri » verbe, 1573 s.v. Mensonger -> « Mendax, Menteur » subst./adj., 1603 ;

h) Type d'information : « Medecine minoratiue » exemple, 1573 s.v. Minoratif -> « bruuage medecinal » définition, 1603 ; « Soubtraire » 1573 sub voce -> « Soubtraire [...] Soutraire » variante, 1599 -> « Soubtraire [...] pron. Soutraire » prononciation, 1606 ; « Soubz, ou Soub » variante, 1573 -> « Soubz [...] Sous, ou dessous » 1599 -> « Soubz [...] pron. Sous. ou dessous » prononciation, 1606 ; « id est, Meschef & infortune » définition, 1573 s.v. Meschance -> « pron. Méchance » prononciation, 1606 ;

i) Étymologie : « Semble qu'il vienne de » 1573 s.v. Cueur d'une eglise -> « il vient de » 1599 ; « Semble qu'il soit diminutif de ville » 1573 s.v. Villebrequin -> « Les autres disent Vibrequin, à vibrando, ou plustost, à vertendo » 1606 ;

j) Usage [72] : « aucuns dient Eppeller » 1573 s.v. Appeler -> « le vulgaire dit Eppeller » 1599 ; « Autres prononcent Foible » 1573 s.v. Flebe -> « Autres prononcent (comme il faut) Foible » 1599 ; « Aucuns escriuent & prononcent Renouille » 1573 s.v. Grenouille -> « Les Sauoyards & autres [...] » 1599 ; « Cubiculaire, ou Vallet de chambre » 1573 -> « Cubiculaire, dites Vallet de chambre » 1599 ; « Aucuns prononcent Abeille » 1573 s.v. Aveille -> « La pluspart [...] » 1606 ; Ronsard 1573 s.v. Sepulchral, Serener -> Bartas 1606 ; entre gens ecclesiastiques 1573 s.v. Sire -> par le vulgaire 1606 ; « Crucier, & tormenter » 1573 -> « Crucier [...] vsez du mot, Tormenter » 1606 ;

k) Définition : « Miauler, c'est le cri d'un chat » 1573 -> « Miauler, c'est crier comme vn chat » 1599 ; « C'est villain, pourry, & par consequent oyseux, fayneant » 1573 s.v. Pouacre -> « C'est villain, pourry, qui ne fait que cracher & se moucher sans respect d'aucun » 1599 ;

l) Sens : « Occiant, Occidens » 1573 s.v. Occire -> « Occiant, Occidens, Couchant » 1599 -> « Occiant, Occidens, Tuant » 1606 ;

m) Formulations diverses : « Ce veu que les anciens faisoyent au diable, Deuotio » 1573 s.v. Vouer -> « Ce veu que les Payens faisoyent à leurs Dieux, auec grand serment : & la protestation extraordinaire en fait de religion, Deuotio » 1599 ; « le bas de toutes choses & soustenement » 1573 s.v. Bas -> « le bas & soustenement de toutes choses » 1603.

À travers les exemples donnés ci-dessus, on observe le désir de la part de l'éditeur de corriger, préciser, améliorer, moderniser. Dans ce même but, il lui arrive de supprimer ce qu'il juge hors de propos ; par exemple :

a) Articles : ARTIS « en langage de iargon » supprimé en 1599 ; CABO (espagnol) 1599 ; CAPO (italien) 1599 ; CONCHIER 1599 ; DESACRER, DESAVENTURE, DESADVOUER (« voyez Desauouer »), DESAGENOUILLER (4 articles de suite, d'une ligne chacun) 1599 ; PRESAGIEUX 1599 ; ANGOISSEUX 1603 ; FORNIQUER 1603 ; CORPORAIL, CORPORALIER 1606 ;

b) Sources [73] :

c) Variantes, synonymes : astronomien 1599 s.v. Astronome ; bouticle 1599 s.v. Boutique ; taverneur (« hanteur de cabarets ») 1599 s.v. Cabaret ; « vous pouuez vser des locutions de Accointer » 1603 s.v. Achalander ; « Mieux elire » 1603 s.v. Eslire ; « Vn babillard, Vn rapporte nouuelle, Vn deceleur de secrets » 1606 s.v. Babillard ;

d) Mot-adresse : grenouilliere (« Grenouiller, Grenouilliere ») 1606 ;

e) Sens, syntagme : « Appariteur aucunesfois signifie autant que Bourreau » 1603 ; « Harenc bouffi » 1603 s.v. Bouffi ; « L'escroue du geolier » 1606 s.v. Geolier ;

f) Équivalents espagnols : s.v. Accueil, Acheminer (1599) ; l'équivalent italien s.v. Acheminer est gardé pourtant.

Les diverses modifications apportées au texte ou, au contraire, le manque de révision peuvent résulter en un certain nombre d'inconséquences ; par exemple :

Parmi d'autres erreurs, notons :

Il y a, enfin, quelques rares cas où l'édition de 1603 rejette le texte de 1599 pour revenir à celui de 1593 ; exemples :

Les quelques petites modifications, corrections et fautes faites à Paris par Jean Du Carroy en 1605 (« Reueu & corrigé de nouueau, en ceste derniere Edition ») n'ont d'intérêt que pour établir la filiation avec les éditions de Baudoin et de Poille. Plutôt que de regarder les corrections apportées par Du Carroy et qui auraient pu être faites indépendamment dans les éditions de Baudoin et de Poille, nous examinerons quelques fautes et modifications introduites par Du Carroy et maintenues par Baudoin et Poille. Quelques exemples suffiront à la démonstration : « Baillé en garde, Commendatus » 1603 s.v. Bailler -> « [...] Commodatus » 1605 ; « Le Languedoc dict Baile [...] par ce que [...] » 1603 s.v. Bailli -> « [...] pource que [...] » 1605 ; « Accroistre d'vn an le labeur » 1603 s.v. Labeur -> « [...] de labeur » 1605 ; « Laisser aller le cordage d'vne nauire » 1603 s.v. Laisser -> « [...] d'vn nauire » 1605 ; « grandes trainées de flot » 1603 s.v. Lame -> « [...] flots » 1605.

2.2. Baudoin

2.2.1. Augmentation

En ce qui concerne le lexique français, la plupart des additions de Baudoin, en nombre restreint, ont effectivement trait à la nomenclature botanique, mais aussi, et davantage, à la nomenclature zoologique, surtout des noms de poissons ; les noms populaires français sont suivis du nom latin, et, dans quelques cas, de variantes régionales. Les indications de genre sont au nombre de vingt ; il s'agit du genre du nom latin.

L'édition de Baudoin ajoute aussi plusieurs centaines d'équivalents latins, souvent avec une indication de genre ou de source, à des items existant déjà dans le dictionnaire ; il n'en sera pas question dans les discussions qui suivent.

2.2.1.1. Mesure quantitative

Ajouts de Baudoin [74]

2.2.1.2. Vocabulaire botanique

Parmi les mots arbres, herbes, plantes et fleurs mentionnés dans le titre, seul herbe (ou le latin herba) est utilisé comme élément de nom ou comme définisseur dans le texte des additions. Sont ainsi qualifiés 32 items (nous les donnons dans l'ordre du texte) :

Autres ajouts (plantes, arbres, fleurs, fruits) :

Les mots suivants sont donnés comme dénominations géographiques :

2.2.1.3. Vocabulaire zoologique

Cinquante-quatre vocables ajoutés à la nomenclature se voient qualifiés de « poisson de mer », « poisson marin » ou, dans un petit nombre de cas, de « poisson de rivage/ocean/saxatile/lac/riviere » :

Baudoin donne parfois un genre prochain plus spécifique :

Autres noms d'animaux marins ajoutés par Baudoin :

Baudoin définit comme « certain oyseau », « espece d'oyseau » les mots barnacles et cingle. Deux noms d'oiseaux définis par des définisseurs plus spécifiques sont sabec « espece d'Autour » et zimiec « espece d'aigle ». Il ajoute quelques termes de fauconnerie : chiller « mot de fauconnerie », enduire « entre les Fauconniers », esmeutiment, gorge « entre les Fauconniers », tien le chien « dont se seruent les oyseleurs », oyseau tripier, vol pour le gros « terme de fauconnerie » ; plus six noms de maladies d'oiseaux dont tous, sauf le deuxième, concernent les faucons : aiguilles, barbillons, croye, pantaix, subtil, verole.

Enfin, deux noms d'animaux, ni aquatiques, ni volatiles : courterolle « vermis » [76], turc « ver [...] qui gaste la racine des vignes ».

Les mots suivants sont donnés comme dénominations géographiques :

2.2.1.4. Produits naturels

Baudoin donne quelques noms d'éléments ou produits naturels ou de substances dérivées : ambre gris « sorte de liqueur aromaticque », bezar « ou bazar sorte de pierre [...] Elle sert d'anthidote », bysse « lin [...] C'est encore une espece de laine », porcelaine « sorte de paste », sain de verre s.v. Soude, thonnine « chair de Thon » s.v. Thon, toute saine s.v. Toutebonne, zest « petite peau ou cartilage [...] au dedans de la noix » ; il ajoute aussi les définitions suivantes à des items existants : « drogue des Apoticaires » s.v. Agaric, « Boys à faire lardoyres » s.v. Fuzain, « breuage des malades » s.v. Tisanne.

2.2.1.5. Autres ajouts

2.2.1.5.1. Domaines lexicaux divers, expressions figurées

Mentionnons, entre autres, les domaines suivants :

On note également, comme expressions figurées : yeux de molue « prouerbe François » s.v. Moluë, poisson d'avril « prouerbe » s.v. Poisson, il ne vaut pas un zest « quand nous voulons estimer vn homme de peu de valeur » s.v. Zest.

2.2.1.5.2. Informations linguistiques

Baudoin propose quelques remarques sur :

2.2.1.6. Sources nommées

Baudoin mentionne, une fois chacune, six sources : Mattioli, Pline l'Ancien et Rondelet [78] à propos de termes d'histoire naturelle, respectivement s.v. Soude, Tourne sol, Spareille ; Pontano [79] pour une information encyclopédique s.v. Lige ; Ronsard comme attestation d'emploi de empoulement ; Virgile pour l'emploi d'un mot latin s.v. Ayr [80].

2.2.1.7. Typologie

L'apport de Baudoin est avant tout l'addition à la nomenclature de quelques dizaines de termes d'histoire naturelle. Pour ce qui est de la méthodologie, nous pouvons noter les points suivants :

2.2.2. Révision

À part les ajouts, le texte du dictionnaire est très peu modifié ; on remarque surtout de nombreuses fautes ; par exemple (nous donnons d'abord le texte de S 1605, ensuite celui de B 1607) :

La suppression du premier item de CAGASANGUE a pour effet de faire dépendre les deux autres (« Subiect à telle maladie [...] » et « Qui engendre telle maladie [...] ») de CAFFA (nom de lieu). Certains ajouts sont mal placés : CHOU DE CYPRE au milieu des items de CHRONIQUE ; ROBERT (HERBE À) au milieu de ceux de ROBBE ; SAINCT FOIN dans SAIN ; VOLTER, VOLTE dans VOLONTAIREMENT.

2.2.3. Appendices

L'appendice traitant des « noms des Empereurs », etc., s'intitule en fait « Les noms des peuples » ; c'est celui de l'édition de Stoer. L'abrégé de proverbes est « L'essai de proverbes » de Stoer 1603-1605 ; il est « purgé et remis en meilleurs termes » par rapport à la version augmentée publiée dans S 1606. Le traité des « Arts Liberaux & Mestiers » est un recueil latin-français de quatre pages pris, sans que cela soit dit, dans le Nomenclator de Junius : sur les 291 items du recueil publié par Morillon, 287 sont dans les chapitres 8 et 9 (De artificibus liberalibus et De artificibus non liberalibus siue illiberalibus) du Nomenclator [81]. Les deux pages du « Traicté des Paroemies proverbiales », rédigé en français, renferment les rubriques suivantes : « Definition de la paroemie / De ce qui est propre à la Paroemie / Des choses qui apportent nouueauté à la Paroemie / Comme la Paroemie differe de ce qui semble luy approcher / De la dignité des Prouerbes / A combien de choses est vtile la cognoissance des Paroemies / Du diuers vsage des prouerbes / Les lieux d'où on tire les prouerbes ».

2.3. Voultier

2.3.1. Augmentation

2.3.1.1. Mesure quantitative

Ajouts de Voultier (excepté ceux dérivés de Nicot) [82]

2.3.1.2. Nicot : principale source de l'édition de Voultier

La majeure partie du texte ajouté par Voultier à l'édition de Baudoin vient, sans que cela soit dit nulle part, du Thresor de la langue françoyse, publié en 1606. Sans compter l'ajout d'équivalents latins, nous avons trouvé plus de 300 alinéas (articles ou parties d'articles) empruntés, au moins en partie, au Thresor ; ils sont surtout nombreux vers le début du dictionnaire [83].

Cependant Voultier se contente rarement de copier Nicot mot à mot. Il en modifie l'expression, souvent l'améliorant, le simplifiant ; il en omet souvent des informations qu'il juge probablement secondaires, moins appropriés au GDFL qu'au Thresor ; il y apporte parfois des précisions. Citons quelques cas typiques ; nous donnons aussi, pour les deux premiers exemples détaillés, le texte de la source commune qu'est le DFL de 1573 et les additions ou modifications éventuelles apportées à celle-ci par Stoer ou Baudoin.

Beaucoup plus rares sont des alinéas comme ESTATS, où Voultier ne retient que 14 lignes sur la colonne et demie du Thresor, ou EXCOMMUNIEMENT et FAIX, dont le premier alinéa – 18 lignes pour le premier, 21 pour le second – est copié intégralement mot à mot du Thresor. Ceci amène Voultier à inclure exceptionnellement l'indication du genre du mot français, des informations encyclopédiques sur les druides et les premiers chrétiens et un témoignage de Jules-César (pour EXCOMMUNIEMENT) ; des informations sur la société romaine, une attestation d'emploi d'un mot latin chez Virgile et des cognates languedociens et italien (pour FAIX).

2.3.1.3. Lexique français

2.3.1.3.1. Synonymes

L'apport majeur de Voultier à la description du lexique français réside dans les nombreux synonymes ou parasynonymes qu'il ajoute à la nomenclature du dictionnaire. Nous avons trouvé un total d'environ 430 items affectés de synonymes pour un total de 511 synonymes. La plupart des synonymes sont donnés sous forme de renvois ; sous les lettres Af- à Al-, Voultier donne :

La fréquence des renvois donne lieu, à partir de la lettre E, à plus de vingt occurrences de la formule abrégée « V. » comme variante de « Voyez ». Dans quelques cas, la copule revêt une autre forme ; par exemple :

Voisins des renvois-synonymes, il y a quelques renvois à une variante graphique, du type :

et environ 160 renvois à la forme racine, signifiant que le sens du dérivé serait la somme de ses parties (préfixe + racine) :

Exceptionnellement, le texte renvoie d'une forme de base à un dérivé ; par exemple :

Le choix de certains synonymes semble avoir pu être dicté par leur parenté avec le latin :

L'interprétation « voyez = voyez les synonymes » est confirmée par un certain nombre de cas où Voultier modifie le texte existant ; par exemple :

À l'opposé de Stoer [86], Voultier ne cherche pas, par l'addition de synonymes, à moderniser le vocabulaire, mais simplement à l'accroître. Il ne fait aucune remarque sur le vocabulaire français vieux ou vieilli. Il lui arrive, au contraire, de changer une information diachronique en item synchronique :

En fait, chez Voultier, voyez a tendance à devenir un tic :

2.3.1.3.2. Autres ajouts

Ils sont peu nombreux. Mentionnons : faire accroire « persuader » ; anphore « à Rome est vne certaine mesure » ; bois, six exemples d'emploi (dont – espés, le fin fond ou le bout du –, – taillis) ; se comporter, mélioratif et péjoratif ; concoction, usage technique ; confus « troublé [...] meslé » ; consonance en musique ; cube ; esbaucher, usage technique ; joindre « attraper ». Pour quelques autres mots, Voultier explicite le sens – porté jusque là le plus souvent par un équivalent latin ou un exemple français – en ajoutant une définition :

2.3.1.4. Étymologie

C'est Nicot qui fournit à Voultier la plus grande partie de ses étymologies. Cependant, maints items empruntés à Nicot ne contiennent pas d'étymologie (par exemple, s.v. Achet, Adveu, Alier, Assembler, Assiette) ; de plus, il arrive que Voultier enlève le commentaire étymologique à ce qu'il prend dans Nicot sans rien mettre à la place (par ex., s.v. Arrerage, Arriere, Attraire). Ailleurs les étymologies sont rares : provenance latine s.v. Conclave ; française et latine s.v. Couster ; française s.v. Remond ; grecque s.v. Atomes, Canceler ; flamand s.v. Holande – c'est à peu près tout.

2.3.1.5. Distinction des sens

Cet emploi du pied-de-mouche pour distinguer les acceptions des mots polysémiques avait été instauré dans le Dictionaire françois-latin par R. Estienne, chez qui les articles étaient des listes d'items-alinéas et la fonction du pied-de-mouche variable [88]. Dans l'édition de Voultier, le pied-de-mouche sert également à marquer les différents sens d'un mot à l'intérieur d'un article-paragraphe construit ; seule une partie des mots polysémiques est ainsi traitée. Voultier peut utiliser ce signe :

a) dans un paragraphe hérité ; par exemple :

b) en réunissant en un paragraphe plusieurs alinéas existants ; par exemple :

c) pour ponctuer un paragraphe copié dans le Thresor (cas le plus fréquent) [89] ; par exemple :

d) dans les rares développements polysémiques nouveaux ; par exemple :

2.3.1.6. Sources nommées

Les quelques mentions d'auteurs viennent surtout appuyer un mot latin ou grec ou une information encyclopédique : César s.v. Orleans, Verdun ; Diogène de Sinope s.v. Cyniques ; Dioscoride s.v. Ache ; Justin s.v. Agathocles, Amazones ; Pline l'Ancien s.v. Cutylie. Pour le français on trouve :

2.3.1.7. Typologie

L'apport majeur de Voultier est, d'une part, les plusieurs centaines d'équivalences synonymiques, et, d'autre part, la mise en relief typographique des divisions sémantiques des articles construits consacrés à des mots polysémiques. Pour ce qui est de la méthodologie, nous pouvons ajouter les observations suivantes : a) emploi, dans la définition, de copules explicites telles : en use pour, se prend pour, pour, c'est quand, signifie ; b) sens propre signalé par proprement (nous avons noté neuf occurrences) ; c) emploi de quelques termes linguistiques : antiphrase s.v. Parque ; proverbialement s.v. Mosquette ; signification s.v. Devenir, Joindre.

2.3.2. Le latin et le grec

L'édition de Voultier accorde beaucoup d'attention au latin et au grec. En plus des accents latins et des équivalents grecs (voir ci-dessous), elle ajoute bon nombre d'équivalents latins et parfois des définitions ou exemples d'emploi de mots latins ; de même, pour le grec, quelques définitions ou discussions de parasynonymes.

2.3.2.1. Accents

Il s'agit, non de mots français, mais de mots latins donnés comme équivalents de mot-vedettes ; par exemple :

2.3.2.2. Mots grecs

Bon nombre de mots-vedettes, têtes de macro-article, sont suivis d'un équivalent grec – d'où le titre de l'édition, Le Grand Dictionaire françois, latin, et grec. Par exemple :

2.3.3. Révision

Sous cette rubrique, il conviendrait de mentionner d'abord la distinction et le regroupement des acceptions de mots polysémiques dont il a déjà été question ci-dessus [90]. À la place de l'utilisation du pied-de-mouche devant chaque acception, Voultier peut donner une formule globale telle que « le mot a plusieurs significations, comme : » s.v. Devenir. Autre cas du remaniement de l'ensemble d'un article : tous les items de POIDS (auparavant POIX), PESER, PESANTEUR, PESEUR et PESON, qui étaient auparavant regroupés s.v. Poix (entre POIVRETTE et POIX « Pix »), sont reclassés s.v. Poids (après POICTRON). L'on remarque quelques corrections (c.à-d. par rapport à B 1607-8) ; par exemple : basilie (sub voce x 2) -> basilic ; esmeutiment (sub voce) -> esmeutement ; cher (s.v. Orphe) -> chair ; iver (s.v. Pagel) -> hyver ; doctourat (s.v. Sorbonne) -> doctorat. Mais également un certain nombre de fautes d'imprimerie : descoulper (sub voce) -> descoupler ; descoupler (sub voce) -> descoulper ; babtizé (s.v. Empoule) ; endenter (sub voce) -> endeter ; festiere (s.v. Enfestau) -> testiere ; crantif (s.v. Malhardi) ; venez pour voyez (s.v. Trondeler). Et des fautes de classement : AMALTHEE après AMAN ; ARDRES (nom propre) au milieu de ARDRE ; ANPHORE classé à Anf... ; la variante ennuyer ajoutée dans le premier item de CHEMIN au lieu de s.v. Chémer ; les 26 premières lignes de la p. 613, col. 1, sont la reproduction des 26 premières de la p. 612, col. 1, concernent MENER et se trouvent remplacer autant de lignes des articles MENTIR et MENTION.

2.3.4. Noms propres

Après qu'en 1599 Stoer eut extrait du dictionnaire de langue les noms propres de lieux et de peuples pour les rassembler dans un appendice à part [91], Morillon entreprend la démarche inverse treize ans plus tard, en puisant largement aussi dans le Thresor de la langue françoyse. Certains articles reçoivent des développements : CALAIS, CHARTRES, DIJON, LIEGE, MARSEILLE, NEIMES, ORLEANS, TOULOUSE, VERDUN, entre autres ; d'autres sont entièrement neufs : ACADEMIE, ALEXANDRIE, ANTICYRE, ATELLES, CUTYLIE, GADES, GRECE, ILERDE, LYON, PARIS, PUY EN VELLAY.

Au début de l'alphabet, sont ajoutés aussi quelques anthroponymes : AGATHOCLES, AGIS, AGRIPPA, AGRIPPINE (trois articles), AJAX, AMALTHEE, AMAZONES, AMPHION.

2.4. Poille

2.4.1. Augmentation

Les additions de l'édition de Poille concernent presque exclusivement l'illustration du vocabulaire français à travers des sources littéraires du XVIe siècle.

2.4.1.1. Mesure quantitative

Ajouts de Poille [92]

2.4.1.2. Vocabulaire

2.4.1.2.1. Domaines lexicaux et champs associatifs

Les ajouts de Poille intéressent une variété de vocabulaires thématiques ; parmi les principaux, nous signalerons le bâtiment, la fauconnerie et la vénerie, la marine, la musique, les poissons.

a) Les mots clefs du bâtiment sont architecture et bastiment :

b) Pour les mots faulcon, fauconnerie/faulconnerie, venaison, veneurs et venerie/venérie, on trouve :

c) Les syntagmes nom de chien, nom de chienne rendent :

d) Le vocabulaire de la marine est abondamment représenté (mots clefs : galere, marin, marine, mariniers, navire, navigage, navigateur, navigation, naviguer, nef, vaisseau) :

e) Les mots musique et musical sont employés presque exclusivement dans des items nommant des instruments de musique, dont des instruments de berger :

f) Le mot poisson se trouve dans les items suivants :

Comme exemple de champ associatif, nous citerons celui de la chevelure. Dans les ajouts de Poille, les mots chevelure, cheveu et cheveux sont associés syntagmatiquement à : annelez ; crespis/crespus à la Cesariane/Cesarienne s.v. Cesariane, Cheveux, Crespir ; desarroyer ; greniller et grediller s.v. Greniller ; gresillez, testonnez, frisez, passefillonnez, torquez s.v. Gresillé, Passefillonné, Testonné, Torqué ; anneaux partis en greve s.v. Greve ; mignotter ; mouvant ; ondelez ; espanchez par ondees s.v. Ondee ; poinsonnez s.v. Poinsonner, Tissu ; recrespez ; sorez ; cordonnez s.v. Tissu ; trescher ; tresser. Comme associations paradigmatiques on trouve : criniere « pour cheuelure. Rons. » ; crineux « abondant en cheueux. Rons. » ; crins « pour cheueux d'homme. Rons. » ; tressure blonde « pour cheueux. Belleau ».

2.4.1.2.2. Parties et attributs

Nombreux chez Poille sont les items qui donnent la désignation d'une partie ou d'un attribut de quelque chose, soit, le plus souvent, sous la forme « NOM de NOM » (par ex. atours de cheval), soit, dans quelques cas, sous la forme « NOM partie de NOM » (ex. savoure partie de navire). Suivent des listes de mots désignant une partie ou un attribut, classées d'après le deuxième terme du syntagme :

2.4.1.2.3. Régionalismes

Poille marque une dizaine de mots comme étant régionaux ou dialectaux :

2.4.1.3. Variantes, formes rares, synonymes et antonymes

Poille donne en adresse près de 800 variantes graphiques ou morphologiques de formes canoniques ou fléchies, la grande majorité attestées chez un auteur. Sous la lettre B, on trouve :

Une information voisine de la variante explicite est l'attestation chez un auteur d'une forme, implicitement rare. Exemples d'articles donnant les deux types d'informations :

Les synonymes, ou variantes sémantiques, sont l'objet d'environ 400 items ajoutés par Poille. Pour la lettre R, l'on trouve :

L'antonymie est une information très occasionnelle chez Poille. Comme antonymes explicites, on lit :

Comme antonymie implicite :

2.4.1.4. Catégorie grammaticale

Sur l'ensemble des mots-adresses ajoutés par Poille : a) 10 noms sont qualifiés de subst./substantif, dont 1 de nom subst. ; 49 de m./mas./mascul./masculin ; 48 de f./foem./foeme./foeminin ; b) 87 adjectifs de adject./adjectif ; c) 13 verbes de verb./verbe ; 20 de act./actif/actiue ; 13 de passif, dont 2 verbe passif, 8 neutre passif, 1 verbe neutre passif ; d) 2 adverbes de adverbe ; e) 3 diminutifs de dim./diminut./diminutif. Le terme nom est généralement utilisé dans le syntagme « nom de NOM » : nom d'arbre s.v. Lote, Siccamor, nom de beste cruelle s.v. Viautre, nom d'oyseau/oiseau s.v. Gorgette, Orchil, nom de mepris s.v. Brodes, nom de chien/chienne [97] ; il est utilisé seul s.v. Esblouissons et Prier. Il y a une occurrence de substantivation : « Beau, substantiué, Mon beau pour ma beauté. Rons. » L'opposition masculin/féminin pour un même mot est commenté s.v. Alarme, Amour, Asseur, Enfant, Erreur, Fouldre, Lentisque, Mensonge, Modelle ; parfois avec attestation de chaque genre chez des auteurs différents : « Lentisque. f. g. Belleau. m. g. Bellay » ; « Mensonge, m. g. Belleau & Rons. & f. g. Peruse en sa chanson. Ayard. » Le singulier (opposé au pluriel) est traité s.v. Armes, Defense, Pleur, Temple ; le pluriel (opposé au singulier) s.v. Amour, Desloyauté, Equité, Ire, Loyauté, Mil', Soy. En parlant de formes verbales, Poille qualifie 8 formes de l'impératif de imp./imper. ; 4 formes de l'indicatif de ind./indicatif ; 1 forme du subjonctif de subjunctif ; 2 participes de partic./participe.

2.4.1.5. Étymologie

L'édition de Poille ajoute une vingtaine d'étymologies : de l'italien (babouin, barisel, bourata, capareller, fantesque, fermer, garnels, jouy, parangonner « desia commun en François », savelle, sbirre) ; de l'espagnol (brave, gaster) ; dérivations ou compositions internes (abandonner « A ban donner », bruine « de brun », estival « d'Esté », fontenette « de fontaine » s.v. Fontelet, francinette « du nom de Francine », hebenin « d'Hebene », hectorean « de Hector », nectaree « de nectar »).

2.4.1.6. Prononciation et orthographe

Comme en témoigne la section sur les variantes [98], Poille s'intéresse beaucoup à la forme des mots. Du côté de l'orthographe, en plus des cas particuliers dont il a déjà été question, le lexicographe traite de phénomènes généraux :

1. s final : « S OVBLIEE en la fin d'vn nom propre, comme Naple pour Naples & Charle pour Charles. Rons. // S. oubliée à la fin d'vn nom pluriel, comme memorable pour memorables. Rons. // S. oubliee en la seconde per. du Sing. de l'Ind., comme tu enuironne pour enuironnes. Rons. // S. mise superflument pour la rime en la 2. per. du Sing. de l'Ind. comme soulages la fortune pour soulage. Rons. » s.v. S ;

2. e final : « E. Fem. En la fin des mots mangé & sincopé comme hyacinth pour hyacinthe. Rons. // E. mis à la fin de la premiere personne de l'imparfait d'vn verbe à l'ancienne façon de parler, comme ie tenoye pour ie tenoy, de tenir. Rons. » ;

3. habitudes d'un auteur :

Orthographe et prononciation se combinent surtout dans les remarques faites sur la rime (formes « en rime » et « hors rime ») :

La prononciation en vers est également commentée du point de vue du nombre de syllabes ; aussi le mot syllabe (formes textuelles : sill., silla., syll., syllab., syllabe, syllabes, monosylabe) s'emploie dans 82 items ajoutés par Poille. Les auteurs étudiés sont, comme pour la rime, Ronsard, Belleau et Du Bellay [101]. Le premier est cité 49 fois, le deuxième 26, le troisième 15 ; il y a trois items sans attestation d'auteur. En voici une typologie :

1. Une prononciation, un auteur (type : « Fleau en vne syll. Rons. ») :

2. Une prononciation, plusieurs auteurs (type : « Fuir en vne syll. Rons. & Bellay ») :

3. Deux prononciations, un auteur (type : « Ariadne en 3. & en 4. syllab. Rons. ») :

4. Deux prononciations, plusieurs auteurs (type : « Lierre en 2. syll. Bellay // Et en trois syll. Belleau ») :

5. Sans attestation : faé (1 syllabe) ; janvier (2 syll.) ; dernier (3 syll.) [102].

Poille fait plusieurs remarques sur l'aspiration du h :

Il commente aussi l'élision :

2.4.1.7. Exemples

Les nombreux contextes ajoutés par Poille vont du syntagme normalisé fonctionnant en langue, voire en métalangue, à la séquence phraséologique discursive, éventuellement signée. Nous en proposons, pour la lettre Pa, la typologie suivante, basée principalement sur la nature syntagmatique de la séquence et son traitement métalinguistique éventuel, et secondairement sur la catégorie grammaticale du mot-adresse.

A. Nom-adresse + préposition + nom/infinitif : le déterminant donne l'hypéronyme référentiel qui fonctionne comme sème de situation ou de fonction ; le nom-adresse et le déterminant sont dans une relation, soit de partie-tout, soit d'objet-usage :

B. Syntagme + traitement (définition, marque d'usage, équivalent) :

1. syntagme nominal :

a) mot-adresse = déterminé :

b) mot-adresse = déterminant :

2. syntagme verbal :

a) mot-adresse = verbe :

b) mot-adresse (préposition, nom) = partie du prédicat :

C. Syntagme normalisé + exemple discursif :

D. Syntagme :

1. syntagme nominal (degré variable de normalisation/discursivité) :

a) mot-adresse = déterminé :

b) mot-adresse = adjectif/participe déterminant :

c) mot-adresse = nom partie du déterminant :

2. syntagme adjectif/participial :

3. syntagme verbal :

a) normalisé :

(i) mot-adresse = infinitif :

(ii) mot-adresse = partie du prédicat :

b) discursif :

4. syntagme prépositionnel :

E. Phrase :

1. mot-adresse = verbe :

2. mot-adresse = nom :

2.4.1.8. Syntaxe

En plus de se préoccuper de la forme des mots (voir les sections sur les variantes, la prononciation et l'orthographe), Poille accorde une place importante à celle des constructions syntaxiques : la voix, la préposition, l'ellipse, en particulier. Encore une fois, il s'agit pour lui de relever ce qui est idiosyncratique, voire parfois ce qu'il trouve manquer au dictionnaire existant. Par exemple :

a) voix active, passive, factitive :

b) préposition ajoutée/omise :

c) préposition ajoutée/omise après le verbe :

d) une préposition pour une autre :

e) ellipses diverses :

f) redondance :

g) accord en nombre :

Certains des articles-items ajoutés par Poille [116] sont consacrés au fonctionnement syntaxique ou syntagmatique du mot-adresse, surtout dans le cas des verbes :

La construction factitive est plusieurs fois donnée par Poille pour les verbes-adresses [118].

L'article de quelques adjectifs ou participes est axé sur les cooccurrents :

2.4.1.9. Langue et référents littéraires

Les ajouts de Poille concernent avant tout la langue littéraire, comme l'ont montré abondamment les sections précédentes [120]. Rappelons les expressions parlant de la chevelure [121], et les remarques sur la rime et la syllabation [122]. Nous mentionnerons ici quelques informations du texte de Poille ayant un aspect littéraire particulièrement marqué [123].

1. Mot dit « poétique » :

2. Noms de fleurs :

3. Synonymes (sélection prise dans la lettre C) :

4. Renvoi global à un auteur pour le traitement d'un référent littéraire. C'est encore Ronsard (ou Muret sur Ronsard) la source privilégiée de Poille. Le lexicographe renvoie l'usager au poète [125] ou au commentateur [126] pour une « description » d'un personnage, partie du corps, propriété ou attribut humain, plante, animal, phénomène naturel ; ou de leurs « fable », « origine », « vie », « effets » ou « qualitez » [127]. Voici, avec quelques items témoins, la liste à peu près complète des mots-adresses, classés par sujet, donnant lieu à un renvoi encyclopédique littéraire :

a) personnages (ex. « Bacchus, ses qualitez & perfections depeintes & descrites. Rons. » ; « Orphee, sa fable, sa vie, faicts & mort descris par Muret sur Rons. » ; « Venus au noirs sourcis Rons. la fable de Venus naissant de l'escume de la mer descritte. Muret sur Rons. ») :

b) parties du corps humain (ex. « Dent belle, descritte. Rons. » ; « Espaules de femme belle descrites. Rons. » ; « Main, que les mains seruent plus aux hommes que la raison, & les diuerses commoditez, effets & vtilitez des mains. Rons. // Main louee // La belle main & beaux doigts attribuez à l'aurore // Main de femme lasciue descritte // Belle description de la main ») :

c) propriétés, attributs, manifestations humains (ex. « Maladie afflige l'esprit & le corps, Rons. // La maladie est causee en nous du discord des humeurs du corps, belle similitude à ce propos » ; « Songe ses vertus & louange. Rons. » ; « Les diuerses qualitez, effects, affections, & passetemps de la vieillesse & de la ieunesse. Rons. // Description & incommoditez d'icelle : miserables choses que de viure iusques en l'extremité de la vieillesse. Rons. » s.v. Vieillesse) :

d) plantes, animaux, phénomènes naturels (ex. « Freslon, louanges & qualitez de freslon poetiquement descrites, Rons. » ; « Salade auec quelques herbes qu'on y met descrittes. R. » ; « Serpent qui rampe descrit Rons. d'où sont nez les serpens Rons. & d'où vient que les serpens glissent à dos rompu Mur. sur R. ») :

5. Mention de Muret ou de Belleau, commentateurs de Ronsard, concernant l'emploi (linguistique) ou la provenance d'un mot. Par exemple :

6. Renvoi explicite à un auteur pour une information linguistique. Si toutes les mentions d'auteur sont des renvois implicites, dans Poille quelques-unes renvoient explicitement l'usager à un écrivain. Nous citons les suivantes dans lesquelles il est question de Ronsard, Muret et Amyot :

7. Mot ou item signé du nom de plusieurs auteurs, ou mot dont l'article reçoit plusieurs items signés ; par exemple (choix pris dans les lettres H à P) : hierre (Du Bellay, Ronsard) ; hostelier (Belleau, Ronsard x 3) ; image (Belleau, Ronsard x 2) ; languette (Belleau x 2, Ronsard) ; larmoyable (Belleau, Du Bellay) ; levre (Ronsard x 3) ; loyauté (Belleau, Ronsard) ; malheureté (Belleau, Du Bellay) ; marrine (Belleau, Ronsard) ; mensonge (Belleau, La Peruse, Ronsard) ; miel (Belleau, Du Bellay, Ronsard) ; minerailles (Belleau, « Triomphe de Henry ») ; mineral (Amyot, Belleau x 2, Du Bellay, Ronsard) ; mitouins (Belleau, Ronsard) ; monde (Belleau, Ronsard x 2) ; montagnier (Belleau, Ronsard) ; nouel (Belleau, Du Bellay, Ronsard) ; or (« Triomphe de Henry » x 4) [130] ; orféverie (Amyot, Boaistuau, Ronsard, « Triomphe de Henry », ) ; paludament (Ronsard, « Triomphe de Henry ») ; pampré (Belleau, Ronsard) ; parrins (Belleau, Ronsard x 2) ; part (Du Bellay, Ronsard) ; perleux (Belleau, Ronsard) ; pied (Belleau x 2, Du Bellay, Ronsard x 3, « Triomphe de Henry » x 2) ; pipeau (Belleau, Ronsard) ; piperesse (Belleau, Ronsard) ; plaincte (Belleau, Ronsard) ; plumeux (Belleau, Ronsard) ; poiser (Amyot, Ronsard) ; poissonneux (Belleau, Ronsard) ; porte, en composition (Ronsard x 8) [131] ; poudriere (Belleau, Du Bellay) ; poulmon (Belleau, Ronsard) ; pourprin (Belleau, Ronsard) ; poutre (Belleau x 2, Ronsard) ; printanier (Belleau, Ronsard).

2.4.2. Sources

2.4.2.1. Identification

Comme nous l'avons déjà dit [132], la très grande majorité des additions de l'édition de Poille concernent la langue littéraire et portent, dans la plupart des cas, l'indication du nom de l'auteur ou texte cité. Plusieurs items « anonymes » peuvent être identifiés lorsqu'ils sont répétés à un autre endroit du dictionnaire. C'est en particulier le cas du « Triomphe de Henry » ; les extraits que le lexicographe tire de cet ouvrage sont souvent répétés sous les différents mots clefs qui les composent. Par exemple :

Pour d'autres auteurs, on trouve :

Parmi les sources importantes, c'est-à-dire souvent citées, il y en avait deux qui posaient, au départ, un problème d'identification. Sur les 354 mentions du « Triomphe de Henry », 316 sont données sous la forme « T. d. h. », « T. d. H. » ou « T. de H. » Il y a quelques cas où « T. » ou « H. » est plus développé : « Tr. », « Triom. », « Triomp. », « Triomph. » ; « Hen. », « Henr. », « Henry ». Les formes les plus complètes, « Triomph. de Henr. » et « Triom. de Henry », sont employés une fois chacune, respectivement s.v. Renoüer et Bizeté. Une deuxième clef importante pour l'identification du texte utilisé par Poille est donnée s.v. Ducal : « Catherine de Medicis faisant son entree à Rouen, portoit sur vn riche cuffion d'or vn chapeau ducal emplumassé de blanc. T. d. h. » [132a] L'autre cas problématique est présenté par les occurrences de « B. », « Bel. » et « Bell. » A priori, ces notations abrégées correspondent, soit à « Bellay », soit à « Belleau ». Nous en avons pu résoudre plus de la moitié, soit en comparant les différentes impressions de Poille entre elles (une impression peut donner une forme plus complète qu'une autre), soit en comparant différentes occurrences textuelles d'un même item (un seul cas : « Bell. » s.v. Cercher = « Bellay » s.v. Chercher), soit en consultant Huguet et Marty-Laveaux, soit tout simplement à l'aide du contexte (« Du Bell. » (1 occurrence), « B./Bell. sur Rons. » (3), « Rons. Bell. Bell. » (1)) [133].

À l'occasion, c'est l'édition de Poille elle-même qui identifie la source non déclarée d'un item du texte reçu. À la fin du premier alinéa s.v. Brosser (« BROSSER, c'est courir à trauers le bois sans regarder à rien qui puisse empescher le cours du cheual, mot de venerie » dp. DFL 1564), Poille ajoute : « Sont les paroles de Muret sur Rons. » ; de même, il joint à un long paragraphe s.v. Pandore (dp. DFL 1564, avec ajouts de S 1599) cette remarque : « Tout ce narré de Pandore est pris de mot à mot de Muret sur Rons. » ; le commentaire sur nepenthe chez Ronsard (s.v. Nepenthe dp. DFL 1564) est attribué par Poille à « Muret sur Rons. » Du Fouilloux est identifié comme l'auteur d'un paragraphe s.v. Souillard (dp. DFL 1573) sur un chien donné à Louis XII, ainsi que la source d'items s.v. Defenses, Laictee, Meute, Nez, Relais, Viandy (tous dp. DFL 1573).

Une autre source d'ajouts non avouée est l'édition du GDFL de Baudoin 1607. Dans cette catégorie, nous avons relevé les items suivants : aethiopis « herbe », ambre gris, ambres « sorte de saulle », barbier « poisson », barbillons « maladie », barnacles « certain oyseau », basilic d'eau, basilic sauvage [134], baveuse « poisson de mer », bernard l'ermite, bezar « sorte de pierre », bysse « lin [...] laine », bysse d'eau, calibre « bouche [...] de baston à feu », calibre (homme de bas –).

2.4.2.2. Typologie

Selon la division tripartite de Poille, on pourrait proposer, à titre d'exemple, le classement suivant des « plus approuvés auteurs » qu'il nomme dans ses additions [135] :

Pour ce qui est de la nature du vocabulaire signé du nom d'une source, elle est avant tout littéraire : formes (graphiques, prosodiques), synonymes, référents [137]. Les auteurs les plus cités à cet égard, et dont c'est le rôle essentiel, sont Belleau, Du Bellay et Ronsard (plus Muret, commentateur de celui-ci) ; à ceux-ci il faut ajouter les sources mineures Baïf, Garnier et Tyard [138]. Parmi les autres auteurs ou textes cités au moins dix fois, Amyot [139] et Boaistuau [140] illustrent la langue générale (mots, formes, acceptions) ; de même, Herberay, avec une certaine concentration sur les mots ayant trait au combat et à la navigation [141] ; le « Triomphe de Henry » est beaucoup utilisé pour le vocabulaire caractéristique d'un grand faste – costume, ornement, attelage, constructions, combats de mer, etc. [142] ; le vocabulaire de la vénerie est surtout illustré par Du Fouilloux [143] ; Guevara contribue plusieurs termes de marine [144] ; à Lizet on doit quelques termes de droit [145].

Les ajouts de Poille sont en très grande partie des alinéas-items courts : mots, formes, parfois syntagmes. Seuls les noms du « Triomphe de Henry » et, dans un degré moindre, Du Fouilloux signent typiquement des citations de deux ou trois lignes.

2.4.2.3. Bibliographie [146]

Nombre d'auteurs/textes : 37 [147]

Nombre de mentions total : 4356

1. /accors/ (1)
« Obereaux & mouchets de noblesse. Des Accors » [l'item vient des Bigarrures (v. Hug)] ; = écrivain français, XVIe s. ; BN : TABOUROT (Étienne), seigneur Des Accords : Les Bigarrures du seigneur Des Accords, 1583 + 1584, 1585, 1594, 1603, etc.

2. /amiot/am/ (461)
« en la vie de Fab. Max. » (1), « Ant. » (1), « Opusc. » (1) ; BN : PLUTARQUE : Les Vies des hommes illustres grecs et romains, comparées l'une avec l'autre, par Plutarque [...] translatées par M. Jacques Amyot [dont vies de Fabius Maximus et Antonius], 1604-1610 ; Opuscula Plutarchi, trad. en fr. : Les OEuvres morales et meslées de Plutarque, translatées du grec en françois, par Messire Jacques Amyot, 1572 + 1574, 1575, 1579, 1587, 1604, etc. ; [cf. Stoer, 2.1.5.3.2] [147a]

3. /aristenet/ (1)
= écrivain grec, IVe s. ; BN : ARISTÉNÈTE : Les Epistres amoureuses d'Aristenet, tournées de grec en françois, par Cyre Foucault, sieur de La Coudriere, 1597

4. /baif/ (16)
« Mimes » (7) ; = poète français, XVIe s. ; BN : BAÏF (Jean-Antoine de) : Mimes, enseignemens et proverbes de J. Antoine de Baïf, 1576 + 1581, 1608

5. /bartas/ (1)
« premiere sepmaine » ; [voir Stoer, 2.1.5.3.2]

6. /b/bel/bell/ (46)
= Du Bellay [7] ou Belleau [8] ; occurrences non résolues

7. /bellay/bell/ (393)
« Estrene au Seigneur de la Haye » (1), « sa mie olive » (1) ; = poète français, XVIe s. ; BN : DU BELLAY (Joachim) : L'Olive et quelques autres oeuvres poetiques [...] cinquante sonnetz à la louange de l'Olive, 1549 ; OEuvres françoises [contenant « Au Seigneur Rob. de La Haye, pour Estrene »], 1569 + 1573, 1574, 1575, 1584, 1592, 1597

8. /belleau/b/bell/belle/ (618)
« sur Rons. » (10) ; = poète français, XVIe s. ; BN : BELLEAU (Remy) ; BN : RONSARD (Pierre de) : OEuvres de Ronsard, 1560, t.I [...] Amours, divisés en deux parties, la première commentée par M. A. Muret, la seconde par R. Belleau + 1567, 1571, 1572-3, 1578, 1584, 1587, 1592, 1597, 1604

9. /bible/ (2)

10. /boisteau/boist/ (70)
= conteur, orateur et traducteur breton, XVIe s. ; NU : BOISTEAU (Pierre) – voir BOAISTUAU (Pierre) ; BN : BOAISTUAU (Pierre) ; [cf. P : « Obstetrices. Boist. » ; Gdf : « le genre humain periroit [...] sans l'amitié des obstetrices et nourrices » Boaystuau, Hist. des princes, 1579, 157v ; repris par Hug]

11. /bris/b/ (2)
« I. de Bris » s.v. Fortement ; « I. de B. » s.v. Renardie ; = ? ; [cf. Cior : BRIS (Nicolas de), Institution a porter les adversitez du monde, Paris, 1542 ; cité par Gdf s.v. Effemination]

12. /colet/ (2)
« Claud. Colet » (1) ; = poète et romancier, XVIe s. ; BN : COLET (Claude)

13. /commine/ (1)
« Philip. de Commine » ; = chroniqueur et homme politique, XVe-XVIe s. ; BN : COMINES (Philippe de, seigneur d'Argenton) ; [cf. P : « Hardiment, pour hardiesse. Philip. de Comines » ; Gdf (4,421) : « hardiment «hardiesse» [...] «Et jamais n'eut hardyment de partir de Naples» » Commynes, Mém.]

14. /essars/ess/essa/essar/essarts/essarz/ (135)
« amad. » (1) ; = traducteur français, XVIe s. ; BN : HERBERAY (Nicolas de), sieur des Essars : Amadis de Gaule, trad. de l'esp. à partir de 1524

15. /fouilloux/fouil/fouill/fouillous/ (96)
= écrivain cynégétique, XVIe s. ; BN : DU FOUILLOUX (Jacques) [147b]

16. /froissard/ (1)
= historien français, XIVe s. ; BN : FROISSART (Jean)

17. /garnier/gar/garn/ (15)
« Garn. Cornel. » (1) ; = poète tragique français, XVIe s. ; BN : GARNIER (Robert) : Cornelie, tragedie, 1574

18. /guevarre/guevar/ (17)
« Epist./Epistres dorees » (5) ; = historien espagnol, XVIe s. ; BN : GUEVARA (Antonio de) : Les Epistres dorées, moralles et familieres de don Antoine de Guevare [...] Trad. d'espagnol en françoys par le seigneur de Guterry [...] Avec un Traité des travaux et privileges des galeres [...] trad. d'italien en françois par Antoine Du Pynet, 1558-1560 + 1588, etc. ; Quatriesme et dernier livre des Epistres dorées trad. de l'italien d'Alfonse Ulloa par Jean de Barraud, 1584
[Les douze items non précisés viennent du Traité des galeres] [147c]

19. /lipsius/ (1)
« sur tacite » ; = humaniste, né en Brabant, XVIe s. ; BN : LIPSE (Juste) : Ad annales Corn. Taciti liber commentarius, sive notae, 1581, etc. ; éd. Tacite, Opera omnia quae exstant, 1581, etc.

20. /lizet/liset/ (12)
= magistrat, XVe-XVIe s. ; BN : LIZET (Pierre)

21. /marot/ (3)
« en son Enfer » (2) ; = poète français, XVIe s. ; BN : MAROT (Clément) : L'Enfer de Clement Marot [...] item aulcunes ballades et rondeaux, 1540, 1544

22. /masure/masur/ (2)
« en Virgile » (1) ; = poète et traducteur français, XVIe s. ; BN : DES MASURES (Louis) : trad. Virgile, Énéide, 1552, 1560

23. /mornay/ (1)
= politique et polémiste réformé, XVIe-XVIIe s. ; BN : MORNAY (Philippe de)

24. /muret/m/mur/ (63)
« sur Rons. » (56) ; = humaniste français, XVIe s. ; BN : RONSARD (Pierre de) : Les Amours de P. de Ronsard [...] commentées par Marc-Antoine de Muret, 1553

25. /nebrissensis/ (1)
= grammairien et lexicographe espagnol, XVe-XVIe s. ; BN : ANTONIO de LEBRIJA (Elio)

26. /peruse/ (1)
« Mensonge, f. g. Peruse en sa chanson. Ayard. » ; = poète angoumois, XVIe s. ; BN : LA PERUSE (Jean Bastier de) ; [dans ses OEuvres (1573, rééd. 1867) la Chanson « Puis que les yeux » contient une occurrence de mensonge f.]

27. /poille/ (1)
« Avier, pour donner vie, faire devenir en vie. Poille » ; = ? ; [cf. BN : POILLE (Jacques) : OEuvres, 1623 ; POILLE (Jean-Daniel) : Quatrains, 1604 ; l'auteur des additions de cette éd. du GDFL est Guillaume Poille]

28. /rabelais/rabelays/rabelet/ (4)
« en son prologue » (2) ; = écrivain français, XVIe s. ; BN : RABELAIS (François) : Prologues du Pantagruel et du Gargantua

29. /ronsard/r/ron/rons/ronsart/ (2014)
« Disc. » (1), « Eleg. » (1), « Fran. » (1), « Hymn. » (1), « od./Odes » (3), « Poem./poëm. » (11) ; BN : RONSARD (Pierre de) ; [cf. Belleau [8], Muret [24] ; voir Baudoin, 2.2.1.6] [147d]

30. /savigny/ (1)
« en la Geographie de ses Arts liberaux » ; = savant encylopédiste, XVIe s. ; BN : SAVIGNY (Christofle de) : Tableaux accomplis de tous les arts liberaux, 1587

31. /sessel/ (1)
= historien français, XVe-XVIe ; BN : SEYSSEL (Claude de)

32. /tacite/tacit/ (4)
« Le Transl. de Tacite » (1), « celuy qui a tourné Tacite » (1), « Celuy qui a translaté Corneil Tacite [...] au 5. livre des Histoires » (1) ; = historien latin, Ier-IIe s. ; BN : TACITE (Publius Cornelius Tacitus) : Les OEuvres de C. Cornelius Tacitus [...] à sçavoir : les Annales et Histoires [traductions anon. (prob. Etienne de La Planche et Claude Fauchet), 1582 ; + 1599 (par P.D.B.)] ; [cf. Lipsius [19]]

33. /tyard/thiard/thiart/thyard/thyart/ (12)
« vers Lyriques » (1) ; = poète français, XVIe s. ; BN : TYARD (Pontus de), seigneur de Bissy : Erreurs amoureuses [...] plus un livre de Vers liriques, 1555 ; Les OEuvres poetiques [dont un livre de Vers liriques], 1573

34. /triomph/t/tr/triom/triomp/ (354)
« de Henry » ; = BN (Cat. de l'hist. de France, t. 10) : Cest la deduction du sumptueux ordre plaisantz spectacles et magnifiques theatres dresses, et exhibes par les citoiens de Rouen [...] A la sacree Maiesté du Treschristian Roy de France, Henry second [...] Et à Tresillustre dame, ma Dame Katharine de Medicis, La Royne son espouze, lors de leur triumphant ioyeulx & nouvel aduenement en icelle ville, Qui fut es iours de Mercredy & ieudy premier & second iours d'Octobre, Mil cinq cens cinquante [...], Rouen, chez Robert le Hoy Robert & Iehan dictz du Gord, 1551 [Rés. 4° Lb31 25] [Rés. 4° Lb31 25. A] [147e]

35. /ulespiegle/ (1)
« le Roman d'Ulespiegle » ; NU : s.v. Eulenspiegel : Ulenspiegel. De sa vie de ses oeuvres et merveilleuses adventures [...] Translate [...] de Flamant en Francoys, [1532] ; L'histoire joyeuse et recreative de Tiel Ulespiegle [...] traduit de flameng en francois, [1571] ; BM : EULENSPIEGEL, Tyll : Tiel Ulespiegle, de sa vie, de ses faits et merveilleuses finesses [...] translaté de Flament en François, [1625] + 1636

36. /vair/ (1)
« du Vair » ; = magistrat, moraliste, XVIe-XVIIe s. ; BN : DU VAIR (Guillaume)

37. /virg/ (1)
« AEne. » ; [cf. Masure [22] ; voir Stoer, 2.1.5.3.2]

2.4.3. Méthodologie et typologie

2.4.3.1. Lexicographie circonspecte

Poille a tendance à n'ajouter que des mots autorisés. S'il donne geografiquement, c'est surtout parce qu'il l'a noté dans « Triomphe de Henry » ; les autres membres de la même famille lexicale (mots en geograph-/geograf-) manquent à la nomenclature du dictionnaire. Certaines interprétations sont avancées avec précaution, accompagnées de qualifications telles que « il semble que », « semble estre », « comme je croy », « comme je pense » :

2.4.3.2. Items et articles

Les ajouts de Poille sont typiquement présentés en courts alinéas dépassant rarement deux lignes [149]. Lorsque plusieurs informations concernent un même mot, elles sont le plus souvent données dans des alinéas successives, suivant en cela la méthode héritée du Dictionaire françois-latin ; par exemple :

Il y a en revanche des cas où une suite d'alinéas correspond à une séquence informationnelle unitaire :

Le nombre d'alinéas ajoutés par Poille est sujet à plusieurs facteurs qui l'amplifie :

2.4.3.3. Différenciation de parasynonymes

Poille offre un petit nombre de distinctions parasynonymiques, tantôt signées, tantôt non, explicites :

ou en renvoi :

2.4.3.4. Copules pour et voyez

Dans un très grand nombre d'items comportant une variante formelle, un synonyme, une définition, une variante syntaxique ou un changement de catégorie grammaticale ou sémantique, le mot-adresse est relié à l'information par le mot pour, qui a dans cette fonction une fréquence d'environ 1300. Par exemple :

a) variante [fréquence 735] :

b) synonyme [339] :

c) définition [172] :

d) syntaxe [46] :

e) synecdoque, hypostase, variation de genre [8] :

La copule voyez est utilisé une centaine de fois pour renvoyer à une information concernant le signifiant, le signifié ou un cooccurrent :

a) renvoi à une variante formelle [51] :

b) renvoi à une forme analogue [3] :

c) renvoi à l'élément formel de base [4] :

d) renvoi à un synonyme [27] :

e) renvoi à un analogue sémantique [1] :

f) renvoi au contraire [6] :

g) renvoi au terme générique [1] :

h) renvoi au latin [2] :

i) renvoi à un autre élément du syntagme [5] :

2.4.3.5. Grammaire des fautes

Si la plupart du temps Poille se contente de relever sans commentaire chez les auteurs des graphies ou des constructions syntaxiques qui n'obéissent pas à la norme (type « Salamandre pour salmandre. Rons. », « Deuiser à quelqu'vn pour auec quelqu'vn. Rons. ») [157], dans une quinzaine d'items il fait une remarque critique à ce propos ; une lettre ou un mot a été « oublié », « obmis », « mis superflument », « superflument repeté », est « superflu », « abondant », un auteur emploie « l'ancienne façon de parler » :

2.4.3.6. Terminologie

Poille utilise un certain nombre de termes linguistiques ou lexicographiques :

2.4.3.7. Défauts de méthode

Le style laconique de Poille rend certains contextes ambigus. Lorsque l'item existant contient plusieurs éléments autonymes et que l'ajout ne comprend qu'une référence de source, l'identification de l'autonyme concerné n'est pas claire ; par exemple :

Le cas contraire est rare :

Cette même concision donne parfois des informations que l'on doit qualifier d'insuffisantes : soit, par exemple, qu'il manque une explication ou un renvoi (« il y a difference entre golfe, port & haure » s.v. Golfe) [159], soit que pour toute explication on renvoie à la compétence de l'utilisateur ou à un autre dictionnaire virtuel (« Iact, voyez le Latin, iustitia ») [160]. En revanche, il y a un petit nombre de formulations lourdes :

plus simples auraient été :

La place dans la macrostructure des formes marquées varie : elles sont mises, tantôt dans l'article de la forme canonique, tantôt dans un article indépendant. Ainsi, pour les formes fléchies, on trouve :

Pour l'article défini élidé + nom :

mais ailleurs :

Pour les verbes pronominaux :

à côté de :

La consultabilité de la macrostructure souffre dans l'édition de Poille des très nombreux cas de mauvais classement des ajouts, comme par exemple : « Bruisent, les mers bruisent, pour bruyent. Amiot » (deuxième alinéa s.v. Bruit) et « Bruire, la mer ne bruit touiours son Ire, Bellay // Bruire le nom de quelque Grand. Rons. » (deux colonnes et demie plus loin, toujours s.v. Bruit) ; ou les séquences confuses du type :

D'autres additions, généralement mal placées, sont simplement redondantes : l'item-mot « } Brayes » (placé d'après sa forme superficielle à la suite de BRAIRE-BRAYEMENT) n'ajoute rien à l'article existant BRAYES ; de même, « } Brusc » (s.v. Bruant-Bruthier) est rendu redondant par l'ajout correctement classé « } Brusc, pour vaillant, braue, & fort » ; « } Capeline. Rons. » ne fait que répéter des informations contenues dans l'item existant qui le précède (« Capeline [...] Ainsi dit Ronsard [...] ») ; « } Forbannir, bannir » (placé après FORBEU) répète « FORBANNIR, c'est à dire bannir [...] ».

2.4.4. Révision et correction

Le caractère monolingue de la contribution de l'édition de Poille se manifeste surtout dans ses ajouts, mais aussi, de façon moins évidente, dans ses quelques suppressions. Plusieurs mentions de sources pour les équivalents latins sont ainsi tues ; par ex. Horace s.v. Blesme ; Martial s.v. Boulengerie ; Persius s.v. Chienne ; Ovide s.v. Ciel ; Virgile s.v. Avantportail, Bassin, Baston, Blé, Chair, Chemin, Labeur.

Le texte de Poille contient de nombreuses fautes d'imprimerie ; par exemple, sous la lettre C : Annot pour Amiot s.v. Catarre ; vudier pour vuider s.v. Cois ; l'a pour la s.v. Comite ; commad pour command (x 2) s.v. Commander ; iamages pour images s.v. Conduire ; carallaire pour corallaire s.v. Corallaire ; couroyers pour courroyes s.v. Courroyes ; cournee pour courvee s.v. Couvee ; crenelle pour crevelle s.v. Crevelle ; ec pour ce s.v. Cueillir ; indie ce pour indic. s.v. Cueillir ; forpuise pour forpaise s.v. Cuider ; il pour ils s.v. Cuider ; ils pour il s.v. Cuider.

Les différences entre le texte de la première impression (1609) et celui des impressions postérieures (1614-1618-1625-1628) se limitent à quelques changements de vocabulaire, à quelques suppressions ou oublis et à un assez grand nombre de modifications de graphie, dont des corrections, fautes et ambiguïtés. Par exemple, sous les lettres C et D des impressions de 1609 et de 1628, on peut observer les changements suivants, parmi maints autres :

Le nombre d'occurrences (ambiguës) de Bell. (pour Bellay ou Belleau) [161] augmente ; la comparaison des textes de 1609 et de 1628 rend les cas suivants : a) Bellay -> Bell. s.v. Bruire, Cassines, Emboucher, Esbatre, Impossible ; b) Belleau -> Bell. s.v. Bigearre, Clavelee, Descharpir, Emaux, Essimer (« Bel. »), Greve, Meurdrir (« B. »), Ouvrier, Rigueur (x 2), Suc.

2.5. Marquis

2.5.1. Augmentation

2.5.1.1. Mesure quantitative

Ajouts de Marquis [162]

Les « six mille dictions ou Phrases Françoises » se traduisent par l'addition de plus de six mille alinéas nouveaux et l'augmentation de presque mille autres, augmentation totale effectivement « plus ample qu'on ne l'a encor veu » dans le Grand Dictionaire françois-latin ; 96,5% de ces ajouts sont marqués d'une étoile. Ces ajouts sont aussi de nature plus variée que dans les autres éditions du GDFL.

2.5.1.2. Vocabulaire

2.5.1.2.1. Domaines lexicaux

Le vocabulaire ajouté ou commenté par Marquis couvre une grande variété de domaines. Citons :

Les marques de spécialisation en « terme/mot de [...] » comprennent les suivantes :

2.5.1.2.2. Mots régionaux ou dialectaux

Marquis ajoute un nombre considérable de mots régionaux ou dialectaux : bordelais (2), bourguignons (5), dauphinois et savoyards (8), gascon (1), languedocien (1), lorrains (2), lyonnais (12), nîmois (1), normands (2), parisiens (11), picards (4), poitevins (4), tourangeau (1), toulousain (1) ; mais surtout auvergnats (plus de 160) [163] :

Certains des items de Marquis font mention de plusieurs localisations linguistiques : Paris, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Savoie et Nîmes s.v. Consul ; Lyonnais et Paris s.v. Forviere ; Auvergne et Languedoc s.v. Hay ; les Lyonnais, Dauphinois et Savoisiens s.v. Machure ; Lyonnais et Auvergne s.v. Metairie ; Lyonnais, Dauphiné et « quelques endroitz de france » s.v. Tresneau. Pour d'autres items, un régionalisme donné par Marquis vient s'ajouter à un autre contenu dans le texte hérité : picard (hérité) + auvergnat (Marquis) s.v. Derrain, Eschalas, Escouvillon, Geole, Laignie, Loinseau, Maquereau, Mesle, Tante ; narbonnais (hérité) + auvergnat (Marquis) s.v. Eaue ; normand (hérité) + auvergnat (Marquis) s.v. Harol ; picard (hérité) + lorrain (Marquis) s.v. Mechine ; picard (hérité) + parisien (Marquis) s.v. Jardin. Dans un cas Marquis remplace une localisation par une autre : « Narbonenses dicunt Prat » devient « Aruer. dicunt Prat » s.v. Pré.

2.5.1.2.3. Vocabulaire littéraire

Marquis qualifie quelques mots de poétiques :

ou de littéraire :

Ailleurs il oppose un mot littéraire savant à un synonyme littéraire populaire :

Il note un certain nombre d'épithètes littéraires [165] :

2.5.1.2.4. Archaïsmes, néologismes

Quelques mots sont donnés comme vieux ou inusités :

d'autres comme vieux mais employés encore :

d'autres enfin comme vieux mais utilisés par un auteur moderne :

Marquis ajoute des mots ou sens qu'il qualifie de modernes :

ou récents :

La principale source de mots nouveaux est Vigenere ; par exemple :

On peut remarquer que Marquis qualifie le vocabulaire néologique de Vigenere de « osé » ou « hardiment composé » (y-existence), « bien hardy » (flo-reflottant), « dur » (vehicule).

2.5.1.2.5. Fréquence

Marquis fait quelques remarques sur la fréquence :

2.5.1.3. Variantes, synonymes, antonymes

Marquis donne un assez grand nombre de variantes graphiques ou morphologiques. Sous la lettre B, on trouve :

Sous M :

Plusieurs centaines de synonymes sont ajoutés par Marquis. Pour la lettre R, on trouve :

Certains synonymes ou parasynonymes sont présentés dans une citation :

Nous avons trouvé dans les ajouts de Marquis quinze items contenant un ou plusieurs antonymes explicites :

2.5.1.4. Catégorie grammaticale

Sur l'ensemble des mots-adresses ajoutés par Marquis : a) 9 noms sont qualifiés de substantif/substant./substantiue/substantiuum/nomen dont 1 de nomen substant. ; 2 de verbal (dérivés d'un verbe) ; 11 de m./mas./mascul./masculin/masculins  ; 13 de f./fem./feminin/foe./foem. ; b) 3 diminutifs de diminutif/diminutiuum ; c) 4 adjectifs de adjectif/adiectiuum ; d) 6 verbes de verbe ; 6 de actif/actiue/active/activement ; 1 de passiue ; 3 de neutre/neutralement ; 2 de frequentatif ; e) 2 participes de participe ; f) 2 adverbes de adverbe ; 3 pronoms/déterminatifs de pronom ; g) une préposition (de) de article ; h) 1 interjection de interiectio. Le terme nom est utilisé dans le syntagme « nom de NOM » : nom de fleur s.v. Amourette, nom de poisson s.v. Chasseur, nom d'oiseau s.v. Drapier, Duc, Piocher, Prestre, Rocherolle, Tadorne, Trachet, nom de machine s.v. Fondelfes, Ribaudiquiers, nom d'arbre s.v. Fustet, Pincé, nom de mesure s.v. Omer. L'opposition masculin/féminin pour un même mot est commenté s.v. Art, Boileau, Dominique (lorrain dimanche), Idole, Image, Levres, Navire, Occulte (ocult/occulte), Ongle, Tige. Le pluriel (plur./pluriel) est traité s.v. Affiquets, Estre, Gestes, Reliquats, Tenebres.

2.5.1.5. Étymologie et dérivation

Marquis propose une étymologie pour plusieurs mots français, mais aussi dans quelques cas pour des mots dialectaux ou étrangers ; en ce qui concerne le français, les langues sources sont :

Les occurrences du mot vient révèlent une vingtaine de dérivations dans lesquelles le mot adresse d'article constitue la forme source :

a) dérivation morphologique :

b) dérivation sémantique ou syntagmatique :

c) dérivation formelle externe :

En ce qui concerne la dérivation formelle en général, on trouve aussi pour les lettres D, M et T les cas suivants où le dérivant et le dérivé sont donnés dans le même alinéa :

2.5.1.6. Prononciation et orthographe

Marquis commente une quarantaine de mots au sujet de la prononciation ou de l'orthographe :

1. Prononciation :

a) u voyelle/consonne :

b) divers :

2. Prononciation et orthographe :

3. Orthographe :

a) syncope :

b) apocope :

c) apherese :

d) divers :

2.5.1.7. Syntaxe

Pour plusieurs mots grammaticaux, Marquis fait un commentaire sur leur fonctionnement syntaxique ou sémantique anormal. Les auteurs objets de ses observations sont principalement Amyot, et secondairement Vigenere.

2.5.1.8. Exemples

Les nombreux contextes ajoutés par Marquis – plusieurs centaines d'items sont concernés – vont du syntagme normalisé fonctionnant en langue, voire en métalangue, à la séquence phraséologique discursive, éventuellement signée. Nous en proposons, pour la lettre Pa, la typologie suivante, basée principalement sur la nature syntagmatique de la séquence et son traitement métalinguistique éventuel, et secondairement sur la catégorie grammaticale du mot-adresse.

A. Nom-adresse + de + nom : le déterminant donne l'hypéronyme référentiel qui fonctionne comme sème de situation ou de fonction ; le nom-adresse et le déterminant sont dans une relation de partie-tout :

B. Traitement + exemple :

1. définition :

2. synonyme :

3. commentaire sur le sens/emploi :

4. dérivation :

5. marque d'usage :

6. équivalent :

C. Exemple + traitement (définition, équivalent, remarque d'usage) :

1. syntagme :

a) syntagme nominal (mot-adresse = déterminé) :

b) syntagme nominal (mot-adresse = (partie du) déterminant) :

c) syntagme verbal (mot-adresse = verbe) :

d) syntagme verbal (mot-adresse = partie du prédicat) :

e) syntagme verbal contenant syntagme adverbial (mot-adresse = nom) :

f) syntagme adverbial (mot-adresse = préposition) :

g) syntagme adverbial (mot-adresse = adverbe) :

2. syntagme + syntagme/segment (le deuxième exemple contient le premier) :

a) syntagme + traitement + syntagme + traitement :

b) syntagme + traitement + segment :

D. Exemple contenant synonyme(s) du mot-adresse qui en constituent un traitement sémantique :

E. Syntagme + syntagme/segment (le deuxième exemple contient le premier ; mot-adresse = nom) :

1. syntagme adverbial + syntagme verbal :

2. syntagme adverbial + syntagme prépositionnel contenu dans segment :

3. syntagme prépositionnel + segment :

F. Syntagme :

1. syntagme nominal :

a) mot-adresse = déterminé :

b) mot-adresse = nom partie du déterminant :

c) mot-adresse = adjectif/participe déterminant :

2. syntagme verbal :

a) mot-adresse = verbe :

b) mot-adresse = nom partie du prédicat :

G. Phrase ou segment de phrase :

1. mot-adresse = nom :

2. mot-adresse = adjectif :

3. mot-adresse = verbe :

H. Épithètes :

1. de Ronsard :

2. anonymes [181] :

2.5.1.9. Emplois métaphoriques, proverbes

Les items suivants, ajoutés par Marquis, contiennent des emplois marqués comme métaphoriques :

Sont qualifiés de proverbes ou de manières de parler proverbiales les items suivants [183] :

2.5.1.10. Noms de lieu

L'appendice « Les noms modernes, des peuples, regions, villes, mers, montaignes, riuieres, & autres lieux » comporte 69 pages. Celui de Stoer 1603 contient 26 items sous la lettre F, 42 sous R, 40 sous V ; chez Marquis les effectifs sont portés respectivement à 95 (+ 265%), 99 (+ 136%) et 159 (+ 297.5%) ; le chiffre annoncé (+ 300%) est presque atteint pour F et V. Dans le dictionnaire de langue, Marquis garde les articles de noms de lieu que Stoer avait laissé subsister vers le début de l'alphabet ; plus loin il réintroduit sous forme de renvois les noms qui se trouvent dans l'appendice hérité de Stoer (type « Daulphiné, voyez aux villes ») ; à l'occasion il ajoute un article à la nomenclature du dictionnaire plutôt qu'à celle de l'appendice, vraisemblablement parce qu'il y est question d'informations autres que simplement géographiques (ex : « Mont d'or, le plus hault de l'Auuergne, prez de N. Dame de Vacciuiere, tres-riche en herbes medicinales, du pied duquel sort la Riuiere, qu'on appelle Dordonne, comme donnée du Mont-dor ») [186].

2.5.2. Sources nommées

2.5.2.1. Identification

Le texte de Marquis contient environ 3700 mentions de sources sur un total d'à peu près 7100 items ajoutés. À ce premier chiffre il conviendrait d'ajouter les items où on aurait oublié d'indiquer la source écrite d'une information. On peut en identifier quelques-uns en en comparant les différentes occurrences. Pour Vigenere :

Pour Amyot :

L'item « Araines, Huom de Nery, vn espece de trompettes » viendrait en fait de Henri Estienne : cf. « «Or en avons-nous exemple en ce mot Araines duquel use Huon de Meri, pour signifier une certaine espece de trompette» H. Estienne, Precellence, p. 192. » [187].

Les listes d'épithètes contenus dans plusieurs alinéas « anonymes » sont à attribuer à Ronsard ; c'est le cas, entre autres, de :

Les 392 occurrences de « H. F. » seraient des références à La Vraie et entiere histoire des troubles de La Popelinière (éd. de 1573) [189]. Nous avons trouvé les correspondances suivantes :

Les occurrences de « Vig. Ch. » sont à attribuer, soit au Chalcondyle de Vigenere, soit à son Traicté des chiffres [191].

2.5.2.2. Typologie

Les « bons autheurs » seraient [192] avant tout Ronsard [40] [193], Vigenere [49], Amyot [4], « H.F. » (La Popelinière) [22] et Du Bartas [8] ; d'autres auteurs cités plus de cinq fois sont Belleau [10], Belon [12], « Amadis » (Herberay) [3] et « l'auteur des serées » (Bouchet) [43].

Sous les lettres D, M et T, sur les 279 mentions du nom de Ronsard, 245 signent des listes d'épithètes du type « Dague d'or, ardente de lumiere guerriere meurtriere, plus que l'astre de Mars espendoit de lumiere poinctuë, Rons. » [194]. La plupart des autres concernent soit des synonymes (type « [Danser] Caroller, baller, Rons. »), soit des exemples (ex. « Marier la voix au luth. Rons. »). Dans tous les cas il s'agit d'usage poétique.

Les items signés du nom de Vigenere – mot avec exemple, parfois avec définition, exemple seul – représentent un vocabulaire largement néologique, souvent technique. Sous les lettres D, M et T, sur un total de 145 alinéas contenant la mention de Vigenere, on trouve les mots et emplois suivants qui sont nouveaux par rapport au texte hérité de Stoer :

Marquis cite également Amyot dans le domaine du vocabulaire néologique et technique, beaucoup aussi pour le vocabulaire général et les emplois syntagmatiques. Sous les lettres D, M et T, sur un total de 122 alinéas contenant la mention du nom d'Amyot, les mots et emplois suivants sont nouveaux par rapport au texte hérité de Stoer :

Le vocabulaire extrait de La Popelinière (« H.F. ») concerne surtout les campagnes militaires. Sous D-M-T (65 mentions de « H.F. » – mots, emplois, définitions, exemples), les unités suivantes sont introduites dans le dictionnaire :

Les 24 alinéas qui citent la langue poétique de Du Bartas sous D-M-T donnent comme unités nouvelles :

Belleau, poète et auteur de La Bergerie, est cité en tout 24 fois ; le vocabulaire nouveau attribué à lui par Marquis est le suivant :

Les dix mentions de Belon, naturaliste, rendent :

2.5.2.3. Bibliographie [195]

Nombre d'auteurs/textes : 51

Nombre de mentions total : 3709

1. /accords/ (1)
« Les Bigarreures du Seigneur des accords » ; [voir Poille, 2.4.2.3]

2. /albenas/ (1)
= conseiller nîmois, XVIe s. ; BN : POLDO d'ALBENAS (Jean)

3. /amadis/amad/ (8)
BN : HERBERAY (Nicolas de), sieur des Essars : Amadis de Gaule, trad. de l'esp. à partir de 1524

4. /amyot/am/ami/amy/amyoto/ (679)
« op./opu./opus./opusc./opuscul./opuscules » (669) ; [voir Stoer, 2.1.5.3.2, s.v. amiot] [195a]

5. /aquila/ (1)
= auteur d'une trad. grecque de la Bible, IIe s.

6. /baif/ (5)
« liure premier des passetemps » (1), « ex Caesare » (1) ; BN : BAÏF (Jean-Antoine de) : Euvres en rime [...] Les Passe temps, 1572-3

7. /baill/ (1)
« Alarmeuses trompettes. Baill. » ; = il s'agit vraisemblablement de Du Bartas : cf. Gdf 8, Hug : « alarmeuses trompettes » Du Bartas, 2e Semaine ; [cf. BN : BAILLY (Guillaume de) : Remonstrances faictes et prononcées à bouche devant le Roy, à S. Maur des Fossés, 1573]

8. /bartas/bart/barthas/barthasien/barthassien/ (115)
« Ieusne Bartas » (2), « la Sepmaine de du Bartas » (1), « en son Ionas » (1), « epithete » (7) ; BN : DU BARTAS (Guillaume de Saluste) : Premiere sepmaine [...] Suite des oeuvres [...] l'Histoire de Jonas, 1608 ; [cf. Stoer, 2.1.5.3.2]

9. /bellay/ (4)
« traduit du 4. de l'eneid. » (1) ; BN : DU BELLAY (Joachim) : trad. VIRGILE, Deux livres de l'Eneide, 1561 ; + in Les OEuvres françoises de Joachim Du Bellay, 1569 ; [cf. Poille, 2.4.2.3]

10. /belleau/ (24)
« Berg./Berge./Berger./Bergerie » (11) ; BN : BELLEAU (Remy) : La Bergerie, 1565, 1572 ; [cf. Poille, 2.4.2.3]

11. /belleforest/bellefor/belle forest/ (3)
= littérateur français, XVIe s. ; BN : BELLEFOREST (François de)

12. /belon/bellon/bellonio/belonus/ (10)
« in tractatu de auibus » (1) ; = naturaliste français, XVIe s. ; BN : BELON (Pierre) : L'Histoire de la nature des oyseaux, 1555

13. /bodin/ (1)
« I. Bodin » ; = philosophe politique français, XVIe s. ; BN : BODIN (Jean) : plusieurs écrits dont : Six livres de la Republique, 1576

14. /bud/b/ (4)
« ex Liuio » (1) ; = humaniste français, XVe-XVIe s. ; BN : BUDÉ (Guillaume)

15. /buich/ (1)
« Hymne de la victoire » ; = ? ; [cf. DLF : BRACH (Pierre de), poète bordelais, fin XVIe s. ; Cior : Poemes en 3 livres, 1576, + autres écrits]

16. /caesar/ (1)
[voir Stoer, 2.1.5.3.2, s.v. cesar]

17. /cic/ (2)
[voir Stoer, 2.1.5.3.2, s.v. ciceron]

18. /columel/ (1)
[voir Stoer, 2.1.5.3.2, s.v. col]

19. /coustumes/ (1)
« coustumes de Paris » ; [Il s'agit en fait d'un emprunt au texte hérité ; l'occurrence de Marquis, s.v. Suserain, renvoie à FEODAL qui cite ce texte depuis ND 1573]

20. /estienne/estiene/ (2)
dont s.v. Precellence (1) ; = érudit français, XVIe s. ; BN : ESTIENNE (Henri) : Project du livre intitulé : « de la Precellence du langage françois », 1579

21. /garnier/ (1)
« Rob. Garnier » ; BN : GARNIER (Robert) ; [cf. Poille, 2.4.2.3]

22. /h f/ « H. F. » (392)
= BN : LA POPELINIÈRE (Henri Lancelot-Voisin, sieur de) : La Vraie et entiere histoire des troubles et choses memorables, avenues tant en France qu'en Flandres, et pays circonvoisins, depuis l'an 1562. Comprins en quatorze livres : les trois premiers, et dernier desquels sont nouveaux : les autres reveus, enrichiz,et augmentez de plusieurs choses notables. Avec les considerations sur les guerres civiles des François, 1573 [195b]

23. /huom/ (1)
« Huom de Nery » s.v. Araines ; Huon de Mery = poète de Champagne, XIIIe s.

24. /ioan/ (1)
« Ioan. 18. 10. » ; = Évangile de S. Jean

25. /jodelle/ (1)
= poète français, XVIe s. ; BN : JODELLE (Étienne)

26. /jonvelle/ (1)
« le Sieur de Ionuelle en son histoire » ; [voir Stoer, 2.1.5.3.2, s.v. joinville]

27. /joubert/ (1)
= médecin français, XVIe s. ; BN : JOUBERT (Laurent)

28. /kalendrier/ (1)
« Kalendrier des bergers » ; BM : EPHEMERIDES : Le grant Kalendrier et Compost des bergiers

29. /m c/ (1)
« M. C. en son grand Catechisme » s.v. Proësme ; = ? ; [cf. Calvin (Jean), Catéchisme, 1549 ; Cordier (Mathurin), calviniste ; Coyssard (Michel), Petit sommaire de la doctrine chrestienne, 1591, 1595, 1608 ; Coignet (Matthieu), Instruction, 1584]

30. /maison/ (1)
« la maison rustique & le theatre d'agriculture » ; BN : ESTIENNE (Charles) : L'Agriculture et maison rustique, 1564, etc. ; éd. Jean Liébault, 1583, etc.

31. /marot/ (2)
« aux Epigram. », « Rondeaux » ; BN : MAROT (Clément) : L'Enfer de Clement Marot [...] item aulcunes ballades et rondeaux, 1540, 1544 ; Les OEuvres de Clément Marot [...] augmentées de deux livres d'Épigrammes, 1538 + 1539, 1542, 1549, etc. ; [cf. Poille, 2.4.2.3]

32. /martial/mart/ (2)
= poète latin, Ier s. ; BN : MARTIAL (Marcus Valerius Martialis)

33. /montaigne/montagne/ (3)
« essaiz » (1) ; BN : MONTAIGNE (Michel Eyquem de) : Essais, 1580, 2e éd. 1582, 5e 1588, dern. 1593, éd. nouv. 1595, 1598, etc. ; [cf. Stoer, 2.1.5.3.2]

34. /nicot/ (1)
« en son dictionaire » ; = Dictionaire françois-latin, éd. Nicot et Dupuys, 1573

35. /pallad/ (1)
= écrivain agronomique latin, IVe s. ; BN : PALLADIUS (Rutilius Taurus AEmilianus)

36. /plat/ (1)
« Mien & tien ruines des Repub. Plat. » ; = ? ; [cf. Platon ; Vigenere, Platte peincture]

37. /plin/ (2)
= Pline l'Ancien ; [voir Stoer, 2.1.5.3.2]

38. /plutarque/ (2)
= polygraphe, Ier-IIe s. ; BN : PLUTARQUE

39. /pybrac/ (4)
= magistrat, orateur et poète, XVIe s. ; BN : PIBRAC (Guy Du Faur, seigneur de) : plusieurs écrits, dont : Les Quatrains, 1574, etc.

40. /ronsard/ron/rons/ (1548)
« eglogues » (1), « Fran./Franc./Franciade » (7), « Hymne de l'or » (1), « Miseres de son temps » (1), « Odes/od. » (4), « Poëmes/poemes » (2), « tragiques » (1) ; [voir Baudoin, 2.2.1.6, et Poille, 2.4.2.3] [195c]

41. /scalig/ (1)
« Scalig. In append. Virg. » ; = humaniste italien, XVIe s. ; BN : SCALIGER (Joseph Juste) : Éd. Virgile, Appendix, 1572, augm. 1595

42. /72/ (1)
« les 72. » ; = la Septante, trad. grecque de l'Ancien Testament, IIIe s. av. J.-C.

43. /serées/serees/ (8)
« auteur des – » (8) ; = XVIe s. ; Les Serees = recueil de contes de veillées, d'anecdotes, de bons mots ; BN : BOUCHET (Guillaume) : Serées de Guillaume Bouchet [...] livre premier, 1584 + 1585, 1608, etc.

44. /tacitus/ (1)
[voir Poille, 2.4.2.3]

45. /terent/teren/ (2)
[voir Stoer, 2.1.5.3.2]

46. /thevet/ (1)
« Cosm. » ; = historiographe et cosmographe, XVIe s. ; BN : THEVET (André) : Cosmographie de Levant, 1554, 1556 ; La Cosmographie universelle, 1575

47. /vascosan/ (1)
« ez opuscules d'Amyot » ; = Michel VASCOSAN, imprimeur, XVIe s. ; il est l'imprimeur d'Amyot (trad. de Plutarque, v. supra) ; l'éd. de 1574 (et ss.) comprend une « Table tres ample des noms et choses notables contenues en tous les opusculues de Plutarque »

48. /veget/ (1)
[voir Stoer, 2.1.5.3.2, s.v. vegece]

49. /vigenere/vi/vig/vigen/ (850)
« Ch. » (98), « cha./Chal./Chalc./chalch./Chalcon./chalcond./chalcondyle » (212), « Chif./Chiff./Chiffres » (214), « Im./Ima./Imag. » (317), « Philost./Philostrate » (2) ; BN : VIGENERE (Blaise de) : trad. et annot. de Laonicus Chalcondyle, L'Histoire de la decadence de l'empire grec, 1577 + 1584 ; Traicté des chiffres, ou secrettes manieres d'escrire, 1586 + 1587 ; trad. et comment. Flavius Philostrate, Les Images, ou tableaux de platte peinture, 1578 ; [cf. Stoer, 2.1.5.3.2] [195d]

50. /virgil/virg/ (7)
« AEn. » ; [voir Stoer, 2.1.5.3.2, s.v. virg]

51. /vitruu/vitru/ (4)
= architecte latin, Ier s. av. J.-C. ; BN : VITRUVE (Marcus Vitruvius Pollio)

2.5.3. Méthodologie et typologie

Les méthodes utilisées dans les ajouts de Marquis 1609, ainsi que les types d'informations que ceux-ci renferment, sont les plus variés des différentes éditions du GDFL. Ceci est la conséquence de la provenance des matériaux : Pierre Marquis copie les notes de son père, Jean Marquis, et celles de Claude Guichard – donc trois contributeurs nommés, plus la participation active de l'éditeur, Jean Pillehotte. C'est une lexicographie marquée aussi par la personnalité subjective des auteurs.

2.5.3.1. Items et articles

La plupart des ajouts de Marquis sont de courts items semblables à ceux que l'on trouve dans les autres éditions du GDFL. Ils sont moins souvent groupés que chez Poille ; par exemple, les douze items concernant cheval sont placés à différents endroits des quatre colonnes de l'article CHEVAL. Regroupés, ils sont presque toujours mis en alinéas autonomes sans articulation ; nous citerons en exemple l'article PAIR, ajouté intégralement par Marquis :

Un autre procédé, caractéristique de Marquis et qui s'expliquerait par la transcription fidèle des annotations marginales faisant partie de sa documentation, est l'ellipse, ou articulation implicite : l'alinéa-ajout ne contient pas le mot-adresse qui est à chercher dans l'alinéa précédent (ou parfois suivant). Par exemple, sous la lettre D, on trouve, parmi beaucoup d'autres :

Comme Robert Estienne en 1539 dans son Dictionaire francoislatin, Marquis peut répéter un item sous plusieurs adresses : « Gaigner au pied », cité ci-dessus parmi les exemples d'ellipses, est donné s.v. Dos, Fuir et Gaigner ; « Esrachant sa barbe chenue » s.v. Esracher et Hure (plus « Barbe chenue » s.v. Chenu) ; « à tout son rayon & ses goffres » s.v. Rayon (« Rayons de miel. A tout son rayon & ses goffres. Vig. chif. ») et Tout (« Miel à tout son rayon, & ses goffres, Vig. im. ») ; « le deu de Mariage » s.v. Debvoir et Deu.

Dans un autre style, concordant mieux avec une documentation faite de notes élaborées qu'à des annotations marginales, Marquis donne pour environ 1200 substantifs des alinéas construits, allant d'une ou plusieurs lignes jusqu'à presque une colonne entière, dans lesquels sont énumérés des épithètes relevées chez Ronsard [197]. L'article HOMME renferme un alinéa contenant 106 épithètes ; HONNEUR 43 ; FEMME 19 ; LAICT 6. L'item laict est le suivant :

Chez Ronsard, on peut lire, selon les éditions [198] :

Exceptionnellement, les épithètes ronsardiennes sont partagées entre plusieurs alinéas ; par exemple :

Un critère de la séparation en plusieurs alinéas peut être, de façon sporadique, le nombre – singulier ou pluriel – de l'occurrence chez Ronsard :

Le nom de Ronsard sert surtout à signer des listes d'épithètes ou des exemples assez courts [199] ; exceptionnellement Marquis donne une citation-exemple étendue, soit en respectant la mise en ligne des vers [200], soit en continu :

En dehors des listes d'épithètes ronsardiennes, l'alinéa le plus long est un commentaire technique sur chassis signé du nom de Vigenere :

Les ajouts de Marquis, lorsqu'ils viennent compléter un article existant, sont assez souvent reliés à celui-ci par un connecteur, soit implicite, soit explicite. L'articulation implicite est utilisée dans le cas du synonyme ou définition, du syntagme, voire de la dénomination (voir la discussion et les exemples donnés ci-dessus). L'articulation explicite concerne, soit l'acception, soit la variante formelle, soit le dérivé morphologique, sémantique ou syntagmatique ; dans les exemples suivants, le premier des deux termes reliés, soit se trouve dans le texte hérité, soit est donné par Marquis :

a) acception (copules aussi (surtout), alio sensu, ou par domaine d'emploi) :

b) variante formelle (aussi, ou, idem) :

c) dérivations morphologique, sémantique, syntagmatique (copules de là, de là vient, de A vient B, B vient de A) : voir 2.5.1.5.

Les alinéas (modestement) construits connaissent plusieurs formes : la simple addition d'une information à un alinéa existant [202] ; l'énumération d'épithètes (voir ci-dessus) ; un traitement de polysémie ou de variation formelle (v. ci-dessus) ; un item suivi de diverses sortes de dérivations (v. 2.5.1.5). Ajoutons à cela deux autres procédés occasionnels : le cumul de citations et de mentions de source, ainsi que les alinéas qui contiennent plus d'un astérisque (marque d'ajout) :

2.5.3.2. Types d'information

2.5.3.2.1. Selon la catégorie grammaticale

On peut remarquer chez Marquis des tendances générales concernant le type d'information qu'il donne pour les différentes classes de mots ; tendances qui se conforment à la nature de ces classes :

ou qui sont caractéristiques de la lexicographie du temps :

2.5.3.2.2. Définitions, dénominations, analogues

Marquis donne plusieurs centaines de définitions pour des mots ou syntagmes, soit hérités, soit ajoutés par lui. Nous proposons une typologie des définitions contenues dans les lettres D, M et T :

a) genre prochain et différence(s) spécifique(s) ; une soixantaine, dont :

b) genre prochain ; 6, dont :

c) différence spécifique :

d) définition morphologique ; une vingtaine, dont :

e) synonymie ; une quarantaine, dont :

f) genre prochain et différences spécifiques + définition morphologique :

g) genre prochain et différences spécifiques + synonymie ; une douzaine, dont :

h) genre prochain + synonymie :

i) définition d'un préfixe :

j) définition réfutée + définition juste :

Sous les mêmes lettres, on trouve les occurrences suivantes de la dénomination d'un syntagme :

À l'occasion, Marquis traite la distribution de mots analogues :

2.5.3.2.3. Le français fonction du latin

Le poids du latin se fait sentir encore à l'occasion chez Marquis. Écho des procédés de la première édition du Dictionaire francoislatin (1539) de Robert Estienne, un syntagme ou définition français est dénommé en latin ; sous les lettres D, M et T, on rencontre :

Plus frappants sont les items latin-français ; sous les mêmes lettres :

à d'autres endroits de la nomenclature :

On peut noter aussi un item dans lequel le français est manifestement une traduction du latin signé :

Dans les items cités ci-dessus tirés des articles MOL et DEBELLER, le mot français est en fait porté par le latin (mollis, debellare).

2.5.3.3. Langue, métalangue et métalangage

Au niveau du vocabulaire utilisé dans les extraits de langue compris dans le texte ajouté par Marquis, on remarque la haute fréquence de certains mots qui reviennent sous la plume de Ronsard, de loin l'auteur le plus cité. Les différentes formes de l'adjectif grand ont une fréquence totale de 315, celles de beau 225, de doux 183 dont 160 portent le nom de Ronsard et 13 autres anonymes seraient en fait de lui [203].

La métalangue est le plus souvent exprimée en français, mais à l'occasion en latin ; pour les lettres D, M et T :

ou latin et français (même lettres) :

Le métalangage de la métalangue de base est plus riche en termes que celui des autres éditions du GDFL. La copule reliant le défini au définissant peut se réaliser, entre autres, par pour, se prend pour, signifie, est, c'est, i., id est :

Idem, idem que et idem quod joignent parfois la variante ou le synonyme au mot-adresse :

L'exemple est parfois introduit par comme :

le domaine d'emploi par mot, terme, en, en terme(s) de :

une restriction d'usage plus générale par aucuns, autres, alij :

Le mot voyez signale un renvoi (réel ou virtuel) à :

a) une variante :

b) un synonyme :

c) un dérivé ou un dérivant :

d) un cooccurrent :

e) une source :

2.5.3.4. Terminologie

Les termes linguistiques ou lexicographiques utilisés par Marquis sont aussi nombreux que chez Stoer et Poille :

2.5.3.5. Lexicographie marquée

La personnalité du lexicographe et celle du dictionnaire transparaissent dans plusieurs types de contextes : l'opinion du lexicographe concernant une analyse linguistique, son attitude à l'égard du calvinisme, les référents de temps et de lieu.

Les expressions clés des interprétations linguistiques sont semble, j'estime, je pense, je lirois volontiers, je nommeray volontiers, je le trouve, obseruaui, s'il n'y a erreur ; par exemple :

Le texte du dictionnaire dédié à l'ancien archévêque de Vienne, Pierre de Villars, semble prendre un plaisir particulier à citer les invectives de Ronsard contre la religion de la ville voisine de Genève [204]. La théologie hérétique de Calvin, « toute rance & moisie », y est rappelée à plusieurs reprises :

Le texte de Lyon contraste ironiquement avec celui de Genève qui lui a servi de base. Sous l'article EVANGILE, Stoer avait mis en 1599 : « mot propre à la doctrine du salut » ; l'édition de Marquis ajoute dans un alinéa qui suit immédiatement le précédent : « Euangile armee des pretendus reformez, Rons. »

En ce qui concerne les référents de temps et de lieu, citons l'article ORDRE qui mentionne Henri IV « à present regnant » ; ou encore les articles LAME, MARRON et MARTINET, qui parlent respectivement de « Lame, Alumelle, bonne de Vienne en Dauphiné », « Marron de Lyon, grosses chastaignes du Dauphiné qui se debitent plus à Vienne, qu'à Lyon », « [où l'on fait les espées & barres de fer] comme à Vienne en Dauphiné ».

Est-ce que ce fut le « petit & malostru escholier » [207] du Collège du Dauphin à Vienne, Pierre Marquis, ou son père l'auteur de l'item « l'Escholier faict des eclipses en sa classe s'absentant des leçons » [208] ?

2.5.3.6. Attribution des ajouts

Selon ses propres dires, le rôle de Pierre Marquis se serait limité à l'insertion dans le texte d'un exemplaire du « grand Dictionaire » (Stoer 1603) des matériaux de son père, Jean Marquis, et de ceux trouvés dans un « vieux Nicot » annoté par Claude Guichard [210]. Sans vouloir entreprendre la tâche ingrate et largement oiseuse et aléatoire de faire un partage des plusieurs milliers d'ajouts, on peut indiquer quelques lignes directrices générales. Les contraintes spatiales des annotations marginales suggéreraient plutôt Jean Marquis comme compilateur des listes d'épithètes ronsardiennes ; l'amitié de celui-ci avec l'archévêque de Vienne, Pierre de Villars, l'aurait peut-être incité à noter les fulminations de Ronsard contre la doctrine de Calvin [211]. Les items elliptiques [212] ont un caractère d'annotations marginales (Guichard), mais pourraient résulter tout aussi bien de méthodes réductionnelles employées par Pierre Marquis (Jean Marquis). Les items signés du nom d'un « bon auteur » ne sauraient être le fait du seul Guichard, mais pourraient être celui du seul Jean Marquis. Jean Marquis, médecin de Lyon, serait-il l'auteur des ajouts concernant la médecine ? ; Guichard, docteur en droit civil et en droit canon, celui des ajouts ayant trait à la justice et à la pratique [213] ? Ce dernier encore, grand référendaire et historiographe de Savoie, aurait-il noté « Consuls, appellez à Paris, & à Lyon Escheuins, Scabini, Iurats, à Bourdeaux : Capitoux à Tolose. Syndics en Sauoye. Les Regents en Albenas. &c. » s.v. Consul ? Les écrits de chacun livreraient peut-être d'autres éléments de répartition [214]. Ce que Pierre Marquis releva dans le « vieux Nicot » n'était pas seulement les annotations de Guichard, mais aussi un certain nombre d'éléments supprimés ensuite par Stoer, en 1599 ou 1603 [215]. Par exemple, les articles ARTIS « en langage de iargon » et CONCHIER omis en 1599, ANGOISSEUX (supprimé en 1603) avec sa référence à Berinus (omis en 1599) ; la variante bouticle s.v. Boutique (enlevée en 1599) ; le sens « bourreau » s.v. Appariteur (suppression de 1603). Le « vieux Nicot » en question serait donc, soit le DFL de 1573, soit S 1593 [216].

Il y aurait eu encore un autre collaborateur de l'édition de Marquis. Dans sa Bibliotheca scriptorum, le père N. Southwell nous apprend que « MICHAEL COYSSARDUS [...] Nicotii Dictionarium Gallico-Latinum infinitis propè Dictionibus locupletavit. Lugduni apud Joannem Philehotte [sic] 1609 » [217]. Le jésuite Coyssard (1547-1623), natif de Besse en Auvergne, fut recteur de plusieurs collèges, dont le Collège du Dauphin à Vienne et le Collège de la Trinité à Lyon [218]. Il n'est nulle part nommé dans le dictionnaire que publie Pillehotte et n'est connu comme lexicographe que par une certaine tradition bibliographique. Cependant, J.-P. Chambon démontre de façon convaincante que les nombreux ajouts de mots auvergnats [219] que recèle l'édition de Marquis viendraient de la plume de Coyssard [220]. Son nom aurait-il été tu parce qu'il n'était pas bien vu du dédicataire de l'ouvrage ou Pierre Marquis ignorait-il tout simplement la provenance de cette partie des matériaux que lui confièrent Pillehotte ou son père ?

2.5.4. Correction et révision

Formule purement publicitaire. Les fautes d'imprimerie sont très nombreuses ; parmi celles des lettres L et M, mentionnons :

Il n'est pas sans intérêt de suivre les étapes d'un texte cité passant des mains de l'auteur entre celles de Marquis jusqu'à de Brosses ; par exemple : « qui m'ardoit le coeur » (Ronsard) -> « qui m'ord le coeur » (Marquis s.v. Despit) -> « qui mord le coeur » (de Brosses) ; « sans qu'il s'essuie » (Ronsard) -> « sans qu'on l'estuye » (Marquis s.v. Jour) -> « sans qu'on l'estime » (de Brosses).

Nombre d'ajouts sont mal placés dans la macrostructure : par exemple, l'item « Porte bledz, fertil, planteureux, herbeux tapissez de pampre, ou d'espics herissez, Rons. », qui concerne implicitement le mot champ, apparaît entre CHAMBEUX et CHAMBRE ; « Cler-net. Vig. im. » et « Cler-pure [...] Vig. Im. » sont donnés entre CLEF et CLEMENT ; « Conualescent qui reguerit » se trouve s.v. Convenir. L'implicitation du mot-adresse peut rendre incertaine l'appartenance d'un ajout ; mentionnons, après le premier exemple ci-dessus, l'alinéa « Aruer. vn chasal », placé entre MASURE et MAT [221].

Le manque d'intégration se fait sentir également dans les répétitions : par ex. « * Homme determiné resoulu // * Determiné, c'est vn homme determiné, i. resolu, hardy, saepius in malam partem accipitur » s.v. Determiné ; « * Dresser la table, ou seruir la viande. Mensam apponere, Sternere mensam » s.v. Dresser, « * Dresser la table, ou seruir la viande » s.v. Droict ; « * Exacte, Regent exacte, qui ne laisse rien à expliquer // * Exacte, vigilant, soigneux & exacte iusques aux moindres choses, Vig. ch. » s.v. Exacte ; « * Lanternier, faiseur de lanternes, & vn qui se mesle de tout. Ardelio, M. Aliborum // * Lanternier, faiseur de lanternes. Au lieu des lanterniers, qui sans adueu & tout fangeux sortis du plus ord de la boue se sont aduancez H. F. » s.v. Lanternier.

Comme révision du texte hérité, on ne voit guère que la suppression de quelques mentions de sources d'équivalents latins : Virgile s.v. Descharger, Vaisseau ; Cicéron s.v. Entelechie.

2.6. De Brosses

2.6.1. Augmentation

2.6.1.1. Mesure quantitative

Ajouts de de Brosses [222]

2.6.1.2. Descriptif

L'édition de de Brosses est la plus pauvre des six éditions du GDFL en termes d'additions concernant le français, ou même d'additions tout court. Les ajouts sont concentrés vers le début du texte : sur le total de 206 alinéas nouveaux ou augmentés, 88 se trouvent sous la lettre A, 167 sous A-E, 195 dans la première moitié de l'alphabet (A-M) ; les ajouts s'arrêtent à la lettre S (s.v. Sçavoir). Ils tendent aussi à se concentrer dans certaines pages du texte : les 27 items ajoutés sous la lettre D concernent tous des mots en des-, dont 24 en dess- ou dest- (pp. 426-7).

Les mots-adresses nouveaux sont les suivants :

De Brosses ajoute un petit nombre de syntagmes lexicalisés (ex. avant-chien « estoile » s.v. Chien, cinquiesme fueille « Herbe » s.v. Cinquieme), d'acceptions (à « Vers », terre avare s.v. Avare), de définitions (« [Aesopet] Nom d'homme », « [Attester] prendre à tesmoing », « [Cicatrice] marque qui demeure d'vne playe »), de synonymes (« [liuree des chanoines] voyez prebende », « [Rachais] Rongneux, Galleux »), de variantes (« Achapt, voyez [...] Achept », « Faulteur, voyez fauteur ») et une remarque de prononciation (s.v. Rains).

En dehors des étymologies implicites suggérées par la confrontation du mot-adresse avec un équivalent (« Apolectes [...] Apolecti », « Episcopat [...] Episcopatus »), de Brosses propose quelques étymologies explicites :

Outre des équivalents latins, le texte donne un équivalent arabe : « Assipitum que les Arabes disent Ziribergi ».

2.6.2. Français et latin

La majeure partie des ajouts faits par l'édition de de Brosses concernent des items bilingues, soit qu'il ajoute des items français-latin, soit qu'il joint des équivalents latins à des items qui n'en avaient pas ; par exemple :

Le texte prend plus ouvertement l'allure d'un dictionnaire de thème lorsque l'équivalent latin est signé du nom d'un auteur classique :

que le signe (signifiant et signifié) français est un latinisme :

ou qu'une remarque d'étymologie met l'accent sur le latin :

2.6.3. Révision [223]

L'effort de rendre le dictionnaire plus bilingue est mené sur deux fronts : l'addition d'items bilingues et d'équivalents latins ; la modification, voire la suppression, de bon nombre des ajouts de Marquis, jugés sans doute comme trop « français » ou marginaux, ou même trop « lyonnais » [224].

Exemples de modifications :

L'exemple suivant pourrait servir à résumer les relations entre Genève protestante et Lyon catholique. En 1603, Stoer (Genève) avait défini ainsi le mot prone : « C'est le sermon que les Curez font à leurs paroissiens à la porte des chapelles le dimanche » ; l'édition de Marquis (Lyon) modifie cette définition : « C'est le sermon que les Curez font à leurs paroissiens à la nef des Eglises où ils chantent Messe le dimanche » ; chez de Brosses (Gex-Genève) on lit : « Predication faite en la nef de l'Eglise » [226].

De Brosses peut remplacer un article par un autre :

ou tout simplement supprimer des items ajoutés par Marquis ; par exemple, l'article PLAT retient tout ce qui remonte à Stoer 1603 et retranche les alinéas (marqués) dus à Marquis (« Et pource que cela est fort plat pour donner quelque meilleur grace au contexte du tableau, Vig. im. // Faire paroistre cette histoire plus platte, Vig. chalc. // Plats entaillez au burin où s'eleuoient bossées, les victoires passées, Rons. // Platte couchée, Vig. im. // Platte peinture // Plat, tout à plat, Vig. ch. »). Les suppressions sont plutôt rares dans la première moitié du dictionnaire, mais à partir de la lettre L se font de plus en plus nombreuses, surtout d'items signés du nom de Ronsard.

La partie du texte de Marquis héritée de Stoer ou, à travers celui-ci, du Dictionaire françois-latin souffre peu ; de longs alinéas-articles « français » tels BLASON ou PROPRE restent intacts. Quelques articles ou items disparaissent cependant ; l'article PRANGELER (« Prangeler, Pic. Ruminare a prandio, Northman. Maianer, a verbo Metidiari » [227]), par exemple, peut-être considéré trop marginal.

2.6.4. Sources nommées [228]

Les sources mentionnées par de Brosses intéressent essentiellement le latin :

2.6.5. Terminologie

Dans ses quelques ajouts, de Brosses utilise un certain nombre de termes linguistiques ou lexicographiques. En plus des copules pris de [fréquence métalinguistique 1], vient de [3], usez de [2], on trouve :