Structure du documentAbréviationsGlossairePréface de la 1ère éditionPréface de la 2e éditionAvant-propos

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Ce livre électronique fonctionne à la fois en mode sériel (ou linéaire) et parallèle (plusieurs zones ouvertes en même temps). La zone principale est occupée par le texte lui-même (et les deux préfaces et l'avant-propos liminaires). La table des matières (table sommaire et table détaillée) constitue un hypertexte, qui appelle différentes composantes du texte. À son tour, le texte appelle des notes et références bibliographiques, qui forment un hypotexte. D'autres documents, qui peuvent être appelés par le lecteur à tout moment et qui sont destinés à éclairer ou à enrichir le texte pendant la lecture -- la liste d'abréviations, le glossaire et notamment le formulaire de requête de la base en ligne du 'Thresor de la langue françoyse' installée au centre ARTFL à l'Université de Chicago et sur un serveur de l'Université de Toronto --, forment un paratexte. Il y a enfin une dernière zone occupée par l'intertexte, dans lequel peuvent être affichés, soit à partir de liens dans la bibliographie, soit dans les annexes, différentes études en ligne qui peuvent compléter la lecture de ce livre.

HYPERTEXTE
Table des matières
PARATEXTE
Abréviations
Glossaire
Thresor en ligne
INTERTEXTE
Études
complémentaires
 
 
 
TEXTE
 
Préfaces, Avant-propos
Texte du livre
 
 
 
HYPOTEXTE
Notes, Références


Abréviations et autres conventions

  • B = B 1607 = BAUDOIN, Nouveau dictionnaire françois-latin (1607).
  • C = COTGRAVE, A Dictionarie of French and English (1611).
  • dB = dB 1614 = de BROSSES, Grand dictionaire françois-latin (1614).
  • DFL = Dictionaire françois-latin = El + E2 + T + ND.
  • DFL-Thresor = DFL + Thresor.
  • DLF = Dictionnaire latin-français = Thesaurus + DLG.
  • DLG = ESTIENNE, Dictionarium latinogallicum (1538; 1546; 1552; 1570).
  • E1 = E 1539 = ESTIENNE, Dictionaire francoislatin (1539).
  • E2 = E 1549 = ESTIENNE, Dictionaire francoislatin (1549).
  • FEW = WARTBURG, Französisches etymologisches Wörterbuch (1922-).
  • GDFL = Grand dictionaire françois-latin = S + B + MG + P + V + dB.
  • MG = MG 1609 = MARQUIS & GUICHARD, Grand dictionaire françois-latin (1609).
  • n. = nom, substantif.
  • N = N 1606 = NICOT, Thresor de la langue françoyse (1606).
  • ND = ND 1573 = NICOT & DUPUYS, Dictionaire françois-latin (1573).
  • P = P 1609 = POILLE, Grand dictionaire françois-latin (1609).
  • s. = siècle; singulier.
  • S 1593 (etc.) = 1593 (etc.) = STOER, Grand dictionaire françois-latin (1593, etc.).
  • s.v. = sub voce, sub vocis.
  • T = T 1564 = THIERRY, Dictionaire francoislatin (1564).
  • Thesaurus = ESTIENNE, Dictionarium seu Latinae linguae Thesaurus (1531; 1536).
  • Thresor = NICOT, Thresor de la langue françoyse (1606).
  • v. = verbe; verso; voir.
  • V = V 1612 = VOULTIER, Grand dictionaire françois, latin et grec (1612).
  • 1539 = E1.
  • 1549 = E2.
  • 1564 = T.
  • 1573 = ND.
  • 1606 = N.
  • + = plus; se trouve (dans).
  • -x = jusqu'en x (où x = une date).
  • x- = depuis, à partir de x (où x = une date ou une page).
  • x-y = entre x et y, de x a y (où x et y = deux dates ou pages).
  • x (absence de -) = en x (où x = la date d'une attestation).
  • Ø = manque (à).
  • > = devient.
  • < = vient de.
  • * = forme virtuelle.
  • // = passage, dans un article, d'un alinéa à un autre immédiat ou distant.
  • /./ = suppression faite par nous.
  • ... = (dans un dictionnaire ancien) suppression faite par nous.

    En règle générale: a) un item mentionné comme étant dans une édition du Dictionaire françois-latin se retrouve dans le Thresor; est indiquée pour un item du Thresor l'édition de première apparition dans le DFL-Thresor.

    Lorsqu'une lexie est donnée comme étant unité de traitement dans un dictionnaire, nous l'écrivons en petits romains majuscules (ex: AAGE); un item de nomenclature à l'article duquel nous renvoyons est écrit, lorsque nous le faisons précéder de la formule "s.v.", en romains minuscules à initiale majuscule (ex: s.v. Aage). Quand c'est nous qui faisons d'une lexie une unité de traitement, elle s'écrit en lettres italiques minuscules (ex: aage). [Voir à 2.2.1.1.1 l'emploi des différents caractères pour les vedettes et les sous-vedettes données en citation.]

    L'emploi dans les citations de l'italique est celui du texte cité. Dans les dictionnaires d'Estienne et de Nicot, l'italique est, sauf exception, réservé au français, le romain s'employant pour le latin (cf. 2.2.7.2).


    Glossaire


    Préface de la première édition

    par Bernard Quemada

    Entendue comme réflexion sur les principes et les méthodes des dictionnaires, la lexicographie n'a atteint le rang de discipline "scientifique" que depuis la deuxième moitié de ce siècle. Non que son importance eût été jusqu'alors négligée puisque l'on sait qu'il appartint aux lexicographes, avant toute grammaire écrite, de réunir les plus anciennes observations sur la langue et qu'ils s'assurèrent aussi la plus large audience auprès des usagers. Mais il s'agissait, de l'aveu de tous, de réalisations essentiellement pragmatiques, faites de patience, de talent et d'esprit parfois, de goût et d'érudition toujours. Mêlée aux objectifs généraux de la lexicologie philologique, à ceux de l'étude historique ou phénoménologique des mots et des vocabulaires, la problématique proprement lexicographique n'avait pas été dégagée. De sorte que l'inventaire systématique et critique des répertoires, l'analyse méthodique de leurs caractéristiques linguistiques et sémiotiques, la mise en évidence des traits distinctifs sur lesquels se fondent les typologies sont choses récentes.

    Bien que le domaine des dictionnaires demeure, dans sa finalité dernière, voué aux ambitions philosophiques et, dans ses impératifs immédiats, soumis aux contingences les plus pratiques, il a perdu, sous ces regards nouveaux, son caractère de réalité intangible dont il fallait subir le mystère en respectant l'ignorance. L'analyse a révélé des constituants objectifs, susceptibles d'être saisis par des approches diverses et complémentaires selon la priorité donnée à tel ou tel aspect des dictionnaires: outils linguistiques, aptes à faciliter la communication sociale en ajoutant sans cesse de nouvelles fonctions didactiques au rôle originel de traducteur, ou réalisations culturelles à l'idéologie plus ou moins déclarée, destinées à la mise en valeur autant qu'à la conservation du patrimoine de pensée et d'expérience que véhiculent les dénominations; ou encore productions socio-économiques, reflétant directement la situation matérielle, technologique et commerciale de la société dont elles émanent et à laquelle elles sont destinées. Et l'ensemble des réalisations lexicogra- phiques est aussi le champ d'application d'un savoir-faire cumulatif progressivement élaboré, diversifié, fondé en raison et en discernement au cours des cinq derniers siècles, et ce n'est pas là son aspect le moins important. Car en l'absence de doctrines lexicales ou sémantiques établies, c'est à partir de leurs seules ressources que les dictionnaristes durent résoudre bien des problèmes que les linguistes théoriciens retrouveront plus tard sans proposer toujours des solutions convaincantes.

    Dans cet immense chantier offert aux chercheurs, T.R. Wooldridge s'est attaché à l'un des monuments dont l'examen méritait la priorité. Le Thresor de la langue françoyse de J. Nicot marque, sans nul doute, plus qu'un tournant décisif dans le processus de gestation de la lexicographie française. Il matérialise en fait, pour la France, la mutation capitale qui commençait à s'imposer alors à toutes les entreprises européennes similaires comme conséquence directe de la promotion des langues vernaculaires (ou nationales) à de nouvelles fonctions au sein des sociétés occidentales. Bien qu'un rôle prééminent lui ait été reconnu par les grands dictionnaires ultérieurs qui l'utilisèrent, sans le savoir parfois, comme source première, il était tenu simplement pour l'un des remaniements du répertoire français-latin de R. Estienne, le plus connu, sinon le plus complet. Le mérite de T.R. Wooldridge est de nous avoir donné la première évaluation précise de l'originalité du Thresor, de sa richesse, et de nous permettre de saisir ainsi dans leurs véritables dimensions les diverses contributions de Nicot à l'élaboration des méthodes lexicographiques devenues après lui "traditionnelles". Grâce à une étude de la délimitation et de l'organisation de la nomenclature, du choix des moss, des marques et du métalangage, des analyses de signifiés, des procédés définitoires, de la structure des articles, du rôle des sources et des citations, etc..., nous pouvons vérifier qu'à travers ces premières rubri- ques monolingues a été examiné et traité tout ce qui fait la trame d'un dictionnaire de langue actuel. Le modèle de critique minutieuse à laquelle l'auteur s'est appliqué lui permet aussi de proposer les éléments d'un Complément au Thresor dont l'abondante richesse met en évidence la nécessité impérative de telles enquêtes.

    C'est pourquoi nous ne saurions assez souligner l'intérêt du travail présenté ici, intérêt intrinsèque, nous l'avons dit, mais aussi intérêt de plus grande portée, dans la mesure où il s'inscrit dans ce Trésor Critique des Dictionnaires Français que nous appelons obstinément de nos voeux, d'autant que les familles de répertoires anciens représentent, entre tous, des corpus textuels privilégiés.

    Pour de nouveaux chercheurs, il n'y a de meilleur encouragement dans cette voie que la qualité de cette étude.

    Paris, avril 1977


    Préface de la deuxième édition

    Depuis la publication en 1977 de la première édition des Débuts de la lexicographie française, le Thresor de la langue françoyse a été informatisé dans les années 1980 (cf. Wooldridge 1985) et plus tard mis en ligne au centre ARTFL de l'Université de Chicago (en 1994) et à l'Université de Toronto (en 2001). Aussi la deuxième édition a pu profiter du plein accès au texte offert par la version électronique du Thresor, ainsi que de différentes études rendues possibles par le dictionnaire informatisé (voir, par exemple, Wooldridge 1989 ou Wooldridge 1990).

    Les conclusions de la première édition restent toujours valables; nous avons simplement remplacé, à divers endroits du texte, des échantillons par des listes exhaustives (ou bien c'est le lecteur qui choisira de faire cette enquête dans la base du Thresor en ligne). Deux parties du livre ont été particulièrement touchées par cette nouvelle approche: dans la section 2.2.4.3, à l'échantillon de sources nommées est substitué un renvoi à la version en ligne d'une étude exhaustive des sources du Thresor (Wooldridge 1989); le "spécimen des découvertes de la lecture du Thresor" (Wooldridge 1977: 3.2-3.2.4), devenu caduc, a été remplacé, d'une part par l'existence du Thresor en ligne, et d'autre part par un nouveau chapitre 4 sur "le texte comme dictionnaire et corpus". Les mesures fondées sur échantillonnage de l'étendue quantitative de la nomenclature (nombre d'adresses) et du texte (nombre de mots de texte) ont été corrigées par les chiffrages absolus fournis par le dictionnaire informatisé (cf. 2.3 et 3.5.1).

    TRW, Toronto, septembre 1997 et juin 2010


    Avant-propos

    Le Thresor de la langue françoyse de Jean Nicot est la clef du développement de la lexicographie française. Somme de quatre éditions du Dictionaire françois-latin de Robert Estienne, oeuvre qui trace le chemin menant du dictionnaire latin à l'affirmation du français comme sujet premier d'un lexique français-latin, il revêt, à travers les contributions de Nicot, le caractère d'un dictionnaire français monolingue. Ce faisant, il ouvre la voie aux dictionnaires de Richelet, de Furetière, de l'Académie française et de lexicographes postérieurs tels que Littré et Dubois. Il n'est pas exagéré de dire que l'article de dictionnaire, du moins en ce qui concerne la lexicographie française, a été élaboré par Nicot. À peu près tout type d'information ainsi que tout procédé de description utilisés depuis dans un dictionnaire français se trouvent déjà dans les pages du Thresor.

    En conséquence de son caractère complexe et du manque d'une organisation rigoureuse de ses informations, le Thresor, dans son rôle de trésor de la langue française du seizième siècle, pose à l'utilisateur moderne un certain nombre de problèmes de consultation. Il faut souvent lire le Thresor, plutôt que de le consulter à la manière d'un ouvrage de référence moderne.

    Dans le présent ouvrage, le Thresor et les quatre éditions du Dictionaire françois-latin sont examinés de trois points de vue fondamentaux. En premier lieu, par l'étude comparative des déclarations liminaires faites par le lexicographe, l'imprimeur ou le libraire, nous cherchons à déterminer de façon précise la filiation des différentes éditions et impressions et des intentions de chacune d'elles (ch. 1: Du dictionnaire latin au dictionnaire francais). Ensuite, sont analysés le contenu et, surtout, la structure du texte du dictionnaire, cette fois du point de vue de l'utilisateur (moderne): que peut-il s'attendre à rencontrer dans chaque édition du dictionnaire, et dans quelle mesure la nature réelle de chaque édition coïncide-t-elle avec son caractère voulu (ch. 2: Le dictionnaire consultable)? Comme corollaire de la deuxième partie, dans laquelle l'examen du texte du dictionnaire porte essentiellement sur sa consultabilité, il est fait une étude du texte non systémique, c'est-à-dire des items d'information et des emplois d'unités lexicales (ils sont nombreux) qui, dans un texte clos, figureraient dans la nomenclature, mais qui, en fait, ne se rencontrent que par hasard (ch. 3: Les découvertes de lecture). Il est fait dans une dernière partie une synthèse du dictionnaire consultable et du dictionnaire-corpus, le premier accessible par la nomenclature imprimée, le second rendu accessible par le texte informatisé (ch. 4: Le texte comme dictionnaire et corpus).

    Nous ne prétendons pas avoir epuisé le champ d'exploration que nous nous sommes assigné. Nous espérons, néanmoins, que cet ouvrage rendra service au seiziémiste comme à l'utilisateur et à l'analyste de dictionnaires en général.